Le dandy de Jermyn Street
Ah, Jermyn Street, juste derriere Fortnum & Mason. J’amene souvent mes visiteurs jeter un coup d’oeil aux boutiques a l’ancienne, comptoirs en bois, un air d’un autre temps. C’est ici que les gentlemen venaient acheter ou faire tailler chemises et costumes, se fournir en cannes, chaussures, parfums, accessoires divers. Je reste fascinee par les etageres couvertes de blaireaux.
Y aviez-vous remarque cette statue? Voici George Bryan Brummel, surnomme Beau Brummel. L’initiateur du dandysme sous la Regence. A 16 ans, il herite de son pere une fortune. Il finit ses etudes a Eton, la fameuse ecole, en compagnie du prince de Galles, dont il devient ami.
La mode masculine est aux couleurs gaies, aux fanfreluches, dentelle au bord des manches, esbrouffe. Jusqu’a present, les Francais avaient toujours mene la danse et influence le choix des vetements. Depuis la revolution puis les guerres napoleoniennes, on se mefie de leurs choix, il serait de mauvais ton d’afficher une affection pour un peuple qui se joue de ses ses dirigeants…
Beau decide, dans un premier temps d’abandonner la perruque, la poudre a outrance. Il est vite remarque pour sa verve, ses mots d’esprit… et par sa tres grande elegance. Chaque detail est minutieusement calcule – il pretend mettre 5 heures a s’habiller, conseille de faire briller ses bottes… a la mousse de champagne. Il modifiera completement la mode britannique de l’epoque: il abandonne les pantalons courts qui s’arretaient aux genoux et se portaient avec des bas ou des chaussettes hautes pour un pantaloon, plus seyant. Rajoute une veste sans taille mais avec des pans pour souligner la stature. C’est le premier pas vers notre costume contemporain. Il rajoute un foulard au noeud complexe – l’ebauche de notre lavalliere, la cravate reste au quotidien moderne.
Tristement pour lui, ses dettes de jeu montent en fleche et il devra s’exiler en france pour echapper a la prison. Sans doute aurait-il du demander des dividendes aux tailleurs de Jermyn Street dont il a certainement fait la fortune a l’epoque!
Jermyn Street
London SW1Y
8 Responses to “ Le dandy de Jermyn Street”
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Quelle classe!
CA donne envie de relire Proust: ” Il semblait que la qualité si particulière de ses cheveux, de ses yeux, de sa peau, de sa tournure, qui l’eussent distingué au milieu d’une foule comme un filon précieux d’opale azurée et lumineuse, engainé dans une matière grossière, devait correspondre à une vie différente de celle des autres hommes. [...] A cause de son “chic”, de son impertinence de jeune “lion”, à cause de son extraordinaire beauté surtout, certains lui trouvaient même un air efféminé, mais sans le lui reprocher, car on savait combien il était viril et qu’il aimait passionnément les femmes.” Le marquis de Saint-Loup-en-Bray adorerait savoir qu’on parle de lui sur un blog! -
La collection de blaireaux… Quel parfum de nostalgie…
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Non, je ne conais pas Proust par coeur comme ça, mais je peux te dire qu’en lisant “A l’ombre des jeunes filles en fleurs” (tome IV, de La Recherche du Temps perdu,tu retrouveras cette citation.
Je trouve que ca fait toujours un bien extrême de lire une page de Proust.
Brighton a quelque chose de proustienne…



















[...] time, I love Paxton and Whitfield. They hold a quaint shop in the gentlemen’s quarters, Jermyn street. And trust me, it hides wonders. It used to only be a stall @ Aldwych market in 1742… Thanks [...]
[...] will find me in Jermyn street, turned into a garden party on Saturday… and at the Royal opera House, turning into a forest [...]
[...] – Just behind Fortnum and Mason hides Jermyn Street, the gentlemen’s street. Paxton and Whitfield is an the Queen’s appointed cheesemonger and [...]