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Tempo
La réputation culinaire de Tempo n’est plus à faire. Ses spécialités italiennes sont si fondantes, si savoureuses qu’il suffit d’une seule visite pour lui jurer fidélité… et y revenir au plus vite. La salle du restaurant vient d’habiller ses murs d’une collection de cartoons politiques, de fascinants originaux (dont ceux de Peter Brookes) qui vous font retraverser l’histoire avec une ironie extraordinaire, un trait précis qui fait mouche… Une nouvelle raison de s’offrir un festin au coeur de Mayfair.
Tempo
54 Curzon Street
Mayfair
London, W1J 8PG
Cavendish London
Dormir sur Londres amène toujours une dose de bonheur. Mais dormir au Cavendish dans Jermyn street, la rue de gentlemen, juste derrière Fortnum and Mason, est comment dire? Royal. Le luxe de pouvoir traverser la rue pour y remplir son cabas d’épicerie raffinée puis d’enchaîner sur un macaron Ladurée dans la majestueuse gallerie Burlington Arcade, le tout en restant à quelques minutes de sa chambre – ça n’a pas de pris. Vous êtes au coeur de la capitale. Piccadilly et Regent street sont à 5 minutes de marche, Hyde Park à 15mn. Plus de temps pour profiter du buzz de la ville.
L’hôtel offre une multitudes de salons confortables où discuter, lire, savourer un afternoon tea. On croise aussi de très belles oeuvres d’art dont des oeuvres de Diego Rivera, un piano, de riches arrangements fleuris.




Et puis, du cocon des étages, prend l’envie d’enlever de suite ses talons, de se préparer un Nespresso, de s’installer confortablement dans la montagne de coussins en lisant les magazines à disposition. Ou peut-être de faire couler un bain moussant, de tester la gamme de produits élégants de Taylor of Bond Street, puis de s’enrober de serviette moelleuses, chauffées par le porte-serviette électrique… Le tout allié à des couleurs caramel, des lignes épurées, des notes boisées, et de larges baies vitrées pour un maximum de lumière naturelle.



On se lève et on réalise que l’immense écran plasma ne sera finalement d’aucune utilité. Du 4ième étage, la vue est splendide. Au loin, on aperçoit la BT Tower, la City, le London Eye, Westminster… Une carte postale extraordinaire. Même un jour de grisaille, le contraste des nuages contre les toits de bronze et les tours de la ville vaut largement le détour.



Imaginez petit-déjeuner dans votre chambre avec cette vue. Oeufs sauce hollandaise ou English Breakfast, jus de fruit frais, croissants, citation littéraire, journaux du matin… Le rêve.



Verdict? Fabuleux. L’accueil est chaleureux, la chambre des plus agréables, le lit ultra-confortable et la localisation impeccable. L’un de ces hôtels où l’on peut aller les yeux fermés, en sachant que tout sera parfait… Profitez-en aussi pour découvrir les saveurs britanniques au Petrichor, le restaurant du Cavendish. Un délice.
The Cavendish London
81 Jermyn Street
London SW1 6JF
Pssst!
20% de réduction sur l’addition au Petrichor sur les plats à la carte lorsque vous résevez via la page
Petrichor – Dinner at The Cavendish
On pense bien trop rarement, dans la recherche d’une adresse où passer une soirée agréable, à celles nichées dans les hôtels. Ils offrent pourtant, une atmosphère plus feutrée, éloignée de la masse des touristes. A l’étage du Cavendish, on trouve ainsi le Petrichor. Vous êtes ici dans Jermyn Street, la rue des gentlemen et le restaurant a vue sur Fortnum and Mason. La décoration est toute en rouge sobre, reflets lumineux, d’élégantes rayures, des touches fleuries sur les tables, des coussins sur les banquettes. C’est aussi l’un de ces rares restaurants londoniens où l’on peut converser sans avoir à forcer sur le volume de la voix, même la musique de fond est à volume raisonnable. Après une journée à courir d’un rendez-vous à l’autre, c’est formidablement appaisant. Au crépuscule, la lumière se fait tamisée, les bougies amènent leur flamme dorée – très romantique.

Ma serveuse papillone d’une table à l’autre, vérifie que chacun ne manque de rien, échange quelques mots sur la journée de chacun, explique que le menu s’appuie sur des produits brittaniques, cite les ingrédients d’une sauce. Me voyant encore plongée dans le menu, elle pose doucement à côté de moi une sélection de pains d’inspiration méridionale L’un est aux olives noires, l’autre réhaussé de tomates séchées et se marient joliment avec un beurre crémeux.

Je célèbre le week-end avec un verre de Cuatra Rayas Verdejo “Vinedos Centenarios”. Riche mais frais au palais, une pointe acidulée sur le bout de la langue, un tonique agréable, des notes de citron vert, d’herbe fraiche, de fenouil, le vin idéal pour l’apéritif, les salades, les plats de poisson. Bonus points: la carte compte aussi des crus bios, fairtrade, bio-dynamiques ainsi que 3 sélections anglaises (mais oui! Les vignobles anglais prennent de l’essor et de la finesse) de Chapel Down.

On aime le choix d’eau minérale, là aussi British. Celle de Blenheim Palace offre une touche majestueuse. L’histoire remonte au douxième siècle, lorsqu’Henry II fait creuser un étang de plaisance pour sa maitresse de l’époque. L’eau provenait d’une source ancienne dont les réserves ne se sont jamais taries…

L’entrée fait honneur au printemps: des asperges sublime, tout juste croquantes. Un jambon de pays parfumé, presque floral, d’une douceur fabuleuse que l’on a envie de froisser en rosette tant sa texture est légère, relevé par le poivré de la roquette. Sur le côté, il faudra absolument goûter la réduction de porto, qui en concentre les saveurs complexes et fruitées. Et puis, une très savoureuse découverte: le Yarg cheese. Cette création de la Lynher Dairies, en Cornouaille, est enrobée lors de sa maturation de feuilles d’orties d’où cette saveur unique, cette force de caractère mais cette douceur au coeur. Une autre version existe, utilisant des feuilles d’ail sauvage. Jetez un coup d’oeil au site, aussi beau que leurs fromages sont bons. Convaincu ou intrigué? Vous pouvez les commander en ligne ou passez en acheter chez le célèbre fromager Paxton and Whitfield, dans la même rue.

Les plats principaux proposent agneau du Pays de Galles, poulet bio du Devon, filet de boeuf irlandais… et de la truite du Wiltshire pour laquelle je craque instantanément. La chair en est moins huileuse que celle du saumon et nettement plus raffinée. Cuite avec sa peau, chaque bouchée offre un léger croustillant fort agréable. Le poisson repose sur des pommes de terre façon Anne, de fines lamelle crémeuses et fondantes et s’accompagne d’un bouquet de salicorne (sublime avec la truite) et de carottes presque sucrées, le tout dans une sauce aux herbes. Divin!

Dans la liste de desserts, une description attire mon regard – la mousse au chocolat et sureau. Si j’imagine facilement ces deux saveurs, je n’arrive pas à les imaginer combinées. La curiosité me gagne. La ganache est onctueuse, un velours au palais. Celle-ci est couronnée d’une gelée de sirop de sureau, proposant ainsi deux textures. Etonnant, elles se suivent sur les papilles, de détachant nettement, sophistiqué, gourmand. Le temps d’étudier cette alliance, cuillère après cuillère, on réalise que l’assiette est vide. Finissez par le biscuit riche en beurre et saupoudré de… popping candy pour un pétillant en bouche.

Mariez-le avec un Rioja Crianza, Castillo di Clavijo qui alterne les cerises juteuses et les notes de cacao. Riches en tannin, il mérite un léger temps de repos pour s’oxygéner et mieux s’ouvrir. Un petit bijou couleur rubis qui donne du rose aux joues.

Verdict: l’un de ces petits joyaux londoniens trop peu connus. Idéal pour rattrapper le temps perdu avec des amis, les dîners romantiques, amener les beaux-parents pour un parcours sans faute. La carte s’adapte à tous les gourmets: de la créativité, de la suprise dans le choix de produits brittaniques, des classiques. Une belle adresse pour découvrir les saveurs anglaises et que l’on suivra avec curiosité de saison en saison!
Petrichor
The Cavendish
81 Jermyn Street
London SW1 6JF
Pssst!
20% de réduction sur l’addition au Petrichor sur les plats à la carte lorsque vous résevez via la page Facebook.
Big Easy
Fan des diners ? Vous allez adorer Big Easy. Inspirée des crabshacks – ces restaurants de bords de mer spécialisés dans les plats de poissons, crustacés et autres délices américains – voici 20 ans que l’adresse régale les gourmands de King’s Road. Elle offre la même atmosphère décontractée qui séduit autant les habitués que les passants, alléchés par les copieuses assiettes entraperçues.
A l’intérieur, on trouve ce charme du Sud des Etats-Unis. Une décoration simple mais colorée, des touches d’humour, un accueil chaleureux, une carte offrant des plats traditionnels à d’excellents prix. Ici, l’on croise des businessmen qui desserrent leur cravate, des bandes d’amis, des familles dans un joyeux mélange de rires et de verres levés.
Après-midi ensoleillée oblige, nous nous asseyons en terrasse et commandons une Pina Colada pour l’effet vacances, belle onctuosité de la crème de noix de coco adoucie par le rhum et généreux en ananas frais. La gamme de cocktails est large, les enfants pouvant profiter des milk-shakes maison comme le sympathique Graceland (vanille, beurre de cacahuète, banane) et les parents de la version améliorée, rehaussée d’une gorgée d’alcool. Ci-dessous, le Pirates of the Carribean allie ainsi crème glacée à la vanille, rhum, crème de noix de coco et – la petite touche en plus - de la menthe fraîche. La mousse laisse des moustaches sucrées et l’on s’en lèche les babines avec délice.
Impossible de choisir dans la liste d’entrées - chicken wings sauce voodoo? Beignets de crevettes ? Poivrons farcis ? Notre serveuse conseille les moules, dont le fumet est divin. Celles-ci se sont infusées d’une sauce aux oignons et vin blanc que l’on finira d’ailleurs à la cuillère… Accompagnez-les d’une assiette de Potato skins, une chair en flocons moelleux, les notes aromatiques de la ciboule, le tout couronné généreusement de cheddar. Ajoutez une cuillerée de sour cream pour régal intense. Attention, si vous êtes venus en famille, les boutchous les feront disparaitre en un rien de temps!
Ici, l’on vient déguster un plat de roi : le homard. Mazette! Le marché est fait au quotidien pour une fraicheur impeccable. Alors qu’il faudra copieusement délester son porte-monnaie pour le voir sublimement présenté dans un restaurant haut de gamme, on vous propose ici une version plus honnête et tout aussi savoureuse. Pour £19.95, on peut dîner d’un crustacé d’un kilo coupé à moitié, à décortiquer vous-même. Impressionnant. La chair est extrêmement tendre, savoureuse, presque sucrée. Evidemment, il faudra oublier l’élégance. Le bonheur de l’exercice est dans le plaisir de manger avec les doigts, de briser la carcasse, d’extraire le maximum de la bête. La gourmandise dévoile une dextérité insoupçonnée, d’autant plus que les textures varient selon qu’il s;agit d’une pince, du flanc, d’une patte. Au bout de quelques instants, on comprend tout l’intérêt de la serviette plastifiée offerte avec le plat. Prenez-la avec humour : voilà un statut Facebook qui passé les sourires des amis les laissera bien envieux de votre dîner! Le plat de homard est servi avec une sauce au choix – chili, Hollandaise ou notre favorite, avec sa pointe de moutarde, Thermidor. On aime aussi la possibilité de s’offrir un crabe ou un assiette moitié viande-moitié homard.
Big Easy est aussi célèbre pour ses viandes cuites au barbecue. La sauce maison est presque caramélisée, un rien fumée et l’on vient de loin en profiter. “We Serve Only The Biggest & The Best” annoncent-ils sans mentir: les portions sont superbes ET gargantuesques. Et pourtant, tout carnivore qui se respecte refusera d’en laisser une miette… Le menu le décline en travers de porc, en poulet, en combinaison des deux ou même accompagné de crevettes grillées… Chaque plat s’accompagne de frites bien assaisonnées (fines ou épaisses), de coleslaw crémeux et d’haricots eux aussi sauce barbecue. On pense, involontairement à ces scènes Western, ces cowboys assis au coin du feu, assiette en main. L’espace d’un instant, on s’y croirait.
Gardez une petite place pour le dessert, ne serait-ce que pour partager, en amoureux, des gaufres pomme-cannelle, fraises-sirop de sucre, ou chocolat chaud, chacune assortie d’un panier croustillant garni de vraie glace à la vanille. Si bonne que finalement, on en recommandera une seconde portion. Partager? Mais quelle idé on a eu là!
Avant d’y passer déjeuner ou dîner, jetez-donc un coup d’oeil au site web découvrir les offres du jour. Tous les lundis par exemple, vous pourrez profiter d’un “All you can eat BBQ” avec bière en sus pour £14.95. Je ne connais pas un gars qui résisterait à pareille invitation… Et puis, certains soirs, des groupes de musique viennent ajouter à l’ambiance. Une adresse à glisser dans son carnet.
Big Easy
332-334 Kings Road
Chelsea
London, SW3 5UR
Bruncher à The Parlour
Canary Wharf parait, de loin, une étrange forêt de tours de verre, un brin futuriste. On y imagine le courant perpétuel de commuters, métro-boulot-dodo, du gris, de l’argenté, chaque grande société se reflétant dans les bâtiments annexes. Pourtant, en s’y promenant, on découvre une multitude de sculptures, de places, de fontaines, d’espaces verts. La promenade longe la Tamise, spacieuse, les familles viennent en profiter avec vélos et poussettes le week-end. Les restaurants avec terrasse ne manquent pas non plus. En week-end, le quartier passe en mode douceur – commencez donc la journée par un brunch à The Parlour…
Cette sympathique adresse appartient à la famille Drake & Morgan dont vous connaissez sans doute The Refinery, The Folly, The Anthologist et The Drift. Chacun a son univers entre design et farfelu, différent selon les angles de la pièce. Le regard se perd dans les détails, l’atmosphère cocon. The Parlour mélange intérieur et extérieur – du mobilier un peu jardin, des colours d’été, du jaune, de l’anis, du bleu ciel, des herbes arômatiques sur les tables sur fond de boisé, de coussins et banquettes confortables, un jeu sur les hauteurs. Un effet alfresco rafraichissant.
Ici, l’on perfectionne l’art du Breakfast Cocktail, touche festive du brunch. Au coeur du restaurant, un comptoir met en avant tous les ingrédients du Bloody Mary. Pas seulement la recette habituelle, toute une liste d’alternative: whisky, tequila, sauvignon plutôt que de la vodka, des pickles, du clamato juice et vous redécouvrez le mélange entièrement, les papilles toutes réveillées. La carte comprend entr’autres le Celery Mary (vodka Ketel One, jus de tomate et de céleri, jus de citron, vinaigre basalmique de fraise, sel, poivre et tabasco) et le Caprese Mary (vodka Ketel One, jus de tomate et de céleri, julienne de basilic, vinaigre basalmique de fraise, tomates cerises et poivre noir et sel de céleri). Chaque semaine quelques créations sont mises en avant mais si une idée vous intrigue, demandez-donc s’ils peuvent la réaliser! Véritable coup de coeur pour le Kimchi Mary (£8.95) qui allie saké, jus de tomate et de céleri, wasabi, poivre de Szechuan, vinaigre de vin de riz et gingembre. Extraordinaire. On reconnait la douceur du mix habituel, le velouté de la tomate tout en étant totalement énergisé. Le wasabi, le gingembre et le poivre viennent se poser sur le bout de la langue, l’intérieur des joues, on se sent ravigoré, tonifié.
D’autres concoctions spéciale petit-déjeuner sont aussi au menu avec une sélection différente chaque week-end. Celui-ci est un breakfast martini (£7) – très frais, très doux, bourbon et vanille, couronné d’une mousse à base d’oeufs veloutée qui vient caresser les lèvres. Servi avec une tranche de bacon, c’est un amusant sucré-salé, un beau jeu de textures. Naughty but nice, disent-ils justement: à tester!
Vous préférez une boisson non-alcoolisée? Vous n’êtes pas condamné à l’habituel jus d’orange. Tenez, voyez donc ci-dessous. Le Juice Pharmacy (£4.50) se compose de pomme verte, framboise et céleri. Etonnant comme chaque saveur se détache quelques instants, nette, puissante. Très désaltérante, pas trop sucré, on l’aimerait volontiers en pichet. Jus d’orange? Ah! Boring!
Ce jour-là, l’équipe préparait les démonstrations vidéos des futurs cocktails de la carte. Nous avons eu la change d’en goûter quelques-un comme Away with the fairies dont la composition m’échappe mais qui m’évoque les matins printaniers, chantant, parfumé. Down the rabbit hole va en épater plus d’un, un savant mélange de limocello et de liqueur de coquelicot. Floral, un brin bubble-gum, l’une des ces boissons qui fait se passer la langue sur les lèvres. Le dernier rejoindra la liste de dessert cocktails, un concept que j’adopte totalement. En semaine, les mixologistes passent de table en table avec un chariot et préparent des concoctions sucrées comme le martini crème brûlée, la version café-sirop d’érable… La petite touche idéale lorsque l’on n’a plus assez d’appétit pour le moelleux au chocolate mais que l’on ne peut résister une gourmandise finale. Admirez la dernière photo – le sherry y retrouve une touche de crème et la force de l’espresso. Divin, toute la beauté de l’alcool, légèrement caramélisé, une belle longueur en bouche… Le cône le surmontant se garnit d’une chantilly à la téquila (mazette!) et d’un flake, non pas en banal chocolat, en brownie. Quelle attention aux détails! On craque pour les bouteilles de verre, très garden party.
Si le petit-déjeuner à l’anglaise est un incontournable, force est de constater qu’une fois dans l’assiette, la présentation manque généralement de style. The Parlour a pensé ces adorables planches de bois qui font ressortir chaque aliment élégamment. A vous de concocter la version idéale, chaque ingrédient étant aussi disponible en extra.
Les grands classiques répondent à l’appel: oeufs florentine, bénédicte, brouillés, coque. Bacon sandwich, bubble and squeak mais aussi steak avec pommes sautées et salsa. L’eau vient à la bouche d’emblée mais jetez donc un coup d’oeil aux cuisines en open space pour mieux vous décider. Petite surprise en fin de liste - une nouveauté: le Californian Kick Start (£7.95). Délicieux ET équilibré, que rêver de mieux? De l’hummus et de l’avocat sur des English muffins toastés, puis de larges champignons poélés et enfin, des tomates rôtis, des oeufs pochés et une sauce douce au chilli qui unit le tout…
Selon l’heure de votre arrivée, vous pourrez prendre avantage de la carte du déjeuner - pourquoi ne pas mélanger les deux options? Nous nous sommes régalés de ces raviolis de crabe fondants, au coeur moelleux, une chair très fine, avec une pointe de pesto. Profitez donc des herbes fraîches sur votre table et rajoutez quelques feuilles de basilic – rassurez-vous, les plantes sont là justement dans cette pensée. La petite touche qui transcende l’expérience.
En cuisine, on ne croit qu’aux produit frais, aux sauces faites maison. On laisse aussi libre cours à son imagination selon les arrivages d’où un menu en perpétuelle évolution et l’on s’en réjouit: les plats spéciaux valent vraiment le détour. Ci-dessous, des St-Jacques extraordinaires, tendres à souhait, brossée d’une sauce barbeque sur une purée onctueuse au coeur de homard, une touche d’huile de truffe, à alterner avec une salsa de tomates (£13.95). Une palette de saveurs luxueuse, sublime.
Délicieuse expérience, excellent musique d’ambiance, des classiques, un peu de jazz – arrivés à 13h00, nous en sommes repartis qu’à 16h00. Nous reviendrons testé le speakeasy, une pièce cachée des regards qui sert des cocktails spéciaux les mercredis et jeudis soirs. Il est aussi possible de le réserver pour boire en verre en amoureux.
The Parlour a la chance de donner sur Canada square - pensez-donc terrasse, pelouse verdoyante et, installée il y a une semaine seulement, une drôle de sculpture musicale. Sous peu, pour célébrer les beaux jours, seront organisés des barbeques en extérieur. Voilà les rendez-vous d’été tout trouvés! Profitez-en aussi pour découvrir la ballade de Canary Wharf jusqu’à Tower Bridge (ou vice-versa).
The Parlour
The park pavilion,
40 canada square park,
London e14 5fw
Dans le noir et autres délices
Dans le noir. Sans doute avez-vous entendu parler de ce fameux restaurant où l’on dîne dans une obscurité complète. Enfin, ces – il en existe également sur Paris, Barcelone, Moscou et New-York. Le principe? Redécouvrir ses autres sens. Une fois dans la pièce, vous réalisez que jamais vous n’avez été dans une obscuritée totale. Toujours, l’on trouve une fluorescence, un clair de lune. D’un coup vous perdez tout vos repères, toute conception des distances. C’est à la fois paniquant et fascinant. Votre serveur, aveugle, connait lui tous les repères et guide d’une voix rassurante et confiante. Les rôles se retrouvent inversés. Vous voici assis, tatonnant au mieux. Le verre, la serviette, les rebords de la table… Vous avez déjà compris qu’il vaudra mieux abandonner d’emblée les couverts! Le plus dur sera sans doute, non pas de boire, mais de trouver le bon verre. Premier essai – celui-ci est vide. Deuxième - c’était celui-du voisin, empli d’eau. Autant vous dire que l’on rit beaucoup et que chacun partage constamment ses impressions.

Ce soir, l’aventure est un peu différente. Il s’agit d’un secret product launch, un bien énigmatique programme. Sans connaitre le menu ni le voir, on laisse tout stéréotype à la porte. Le premier plat arrive, le serveur explique ses gestes, la position du plat, pose éventuellement votre main sur le rebord. L’exploration commence. Chacun y va timidement, tentant de reconnaitre la texture. On reconnait de la pomme de terre, très douce au palais, une sauce citronnée onctueuse, plus loin des broccolis, très fins en goût, une sauce légère réhaussée de wasabi. Puis une sorte de saumon en croute, vraiment savoureux dont la pâte est imbibée des saveurs. Dans le dernier quart de l’assiette, chacun cale. Qu’est ce donc? Du poulet? Du tofu? Est-ce le nouveau produit? Assez tendre, il faut mâcher plus qu’avec un simple légume, la forme est méconnaissable. Spéculations, points d’interrogations, personne n’a d’avis définitif. Il faudra attendre les révélations…
Dans le noir, les conversations fusent facilement, même entourés d’inconnus. Il est un confort dans cette obscurité, un relâchement, une tendance aux confidences. Certains tentent la fourchette, d’autres mangent avec leur doigts, la bonne humeur est générale, personne ne se sent ridicule, chacun partage entièrement l’expérience.
Suit une assiette de desserts. La glace est aisée à reconnaitre, forte en cacao et cerises. Un ramequin, du crémeux, des morceaux de fruits, de la pêche sans doute, une tuile de caramel croquante sur le dessus. Et puis une sorte de euh, gelée? à base de lait? Un flan? Non, c’est plus dense. Parfumé. Accompagné de fruits secs infusés dans une sorte d’alcool. Impossible de le placer exactement mais l’on n’en fait que quelques bouchées.
On n’a toujours aucune idée de ce qu’est cet aliment secret. Une épice? Un substitut sucré? Le dîner était excellent mais aucune impression d’être sorti hors de sa zone de confort. On se creuse les méninges. Seul intrigue encore l’inconnu du plat principal. On regagne la lumière presqu’à regret. L’expérience était des plus amusantes et l’on aurait bien continué les dégustation juste par jeu!
Quelques marches encore… Il s’agissait… d’Alpro. Bien joué. Bien sûr, d’habitude, on s’arrête au mot soja. On est convaincu qu’on en décèlera la saveur subtile dans la préparation. Comme quoi! Chacune des sauces salées était conconctée avec du lait de soja et de la crème de la marque. A aucun moment y a t-on pensé. Le met qui nous avait laissé curieuses, voire perplexes, était… du boeuf wagyu. Les desserts eux les mêmes ingrédients, ainsi que leur yaourt crémeux aux fruits. Les profiteroles proposées lors du final ont reçu de nombreux mmmh de félicitations. Nous somme tous bluffés. Cuisiner au soja reste souvent en esprit un question de J’avoue que, depuis, je glisse de l’Alpro dans mon panier de course. Les enfants ont adopté les crèmes chocolatées et le lait de soja au cacao sans se poser de question et descendent le stock à toute vitesse. Je me régale des yaourts à la cerise sans cupabilité, en ayant l’impression d’élargir ma palette alimentaire tout en réduisant mon cholestérol.




Etaient présentées également les nouveautés de la marque – lait d’amande et de noisette. Déjà bien présents sur le marché français, on trouvait ces produits plus difficilement du côté britannique. Rien à voir ni avec les vaches, ni avec le soja: le mélange contient noix et eau de source uniquement. Les boissons sont étonnament parfumées et fabuleusement rafraichissantes. Mille applications sont bien sûres possibles – j’ai remplacé le lait habituel de mon latte par la version à la noisette. Ainsi enrichi et adouci, j’ai du coup arrêté de le sucrer. Il s’avèrent tout autant excellent dans les riz au lait, les milkshakes dont ils affinent les saveurs. Mieux encore, ils amènent fibres, calcium et vitamines. J’affiche une nette préférence pour celui aux noisettes mais les enfants adorent celui à l’amande avec un trait de sirop de violette.

Verdict? L’expérience m’a fait aller au-delà des idées reçues. J’aime particulièrement dans ces produits, outre l’avantage diététique (moins de calories, moins de graisse, etc…), l’équilibre entre l’effet de satiété et la légèreté. Toute les saveurs, élégantes, mais sans l’impression d’être un ballon en fin de repas – juste bien, satisfait. Bon pour les papilles et bon pour vous. Double bingo.
Morgan M
Les Anglais me posent souvent la question – quel est le meilleur restaurant français de Londres? Je cite quelques délicieuses adresses qui sont sûres de les ravir. Mais j’ai un nouveau coup de cœur. Vraiment. A Morgan M, sur Smithfield et à quelques minutes du Barbican, je n’inviterai pas que des gourmands britanniques, j’amènerai aussi mes amies froggies de passage. C’est tout dire.
Comment vous l’expliquer? Les goûts y sont de saison, les présentations méticuleuses, artistiques, la pensée moderne. Mais surtout, les saveurs, les textures font redécouvrir complètement les ingrédients. Simplement succulent. Le chef Morgan Meunier est d’ailleurs un habitué des étoiles Michelin et des rosettes.
J’arrive ce jour-là en retard, les joues rosées d’avoir couru, demandant dans un souffle et une phrase légèrement hachée à quelle table se déroule le dîner. On me sourit, m’accueille chaleureusement, me débarrasse de manteaux et sacs, me complimente sur mon appareil photo, me propose d’emblée un verre de vin pour me remettre. Tout le charme français sans l’arrogance.
Le dîner se révèle une véritable fête pour les papilles – le palais ira juste de surprise en surprise. Imaginez d’abord, en amuse bouche, une crème de mojettes. Le serveur nous amène l’assiette avec quelques ingrédients – zestes de citron confits, haricots fondants, dés de poivron, cuillerée de pesto – et dans un deuxième temps verse le velouté. Exquis. Onctueux. Chaque petite touche de saveurs se révèle doucement à mesure que la cuillère plonge. Doux sur la langue, un fumet superbe où citron ressort parfaitement. On regarde, je vous l’avoue, son plat vide avec regret.
L’accompagne un verre de Le Lesc 2010. Ce mariage d’ugni blanc et de colombard est un poème floral, pomme verte, citronnelle, basilic, citrus. Enchanteur, il rafraichit joliment le palais.

L’entrée fait rêver dès la description: cannelloni d’écrevisse et de langouste, rehaussé d’estragon, moelleux, une note légèrement anisée, iodée. Sous celui-ci, un lit d’épinards fondants ainsi qu’une soubise parfumée de topinambours et un cappuccino de crustacés, si léger que l’on penserait une mousse de champagne. Chaque bouchée combine les crèmes, on en ferme les yeux de plaisir, on ne cherche plus à parler, on savoure. LE plat signature qu’il vous faut absolument venir goûter.
Relevez-le d’un Château Clement-Termes Gaillac Sec dans lequel ressort la Muscadelle, mon cépage préféré pour ses notes de miel. On y goûte aussi de la poire, de la pêche, des fruits de la passion, un cru très enjoué en bouche et qui s’accorde volontiers avec les fruits de mer. A noter précieusement!

Suit un autre délice de la mer: un filet de loup, grillé à la perfection, croustillant sur le dessus, sur un risotto exotique à la carotte et au gingembre qui infuse le poisson au passage. On se délecte tout autant du bouillon aérien au citron et safran qui transporte, évoque l’ananas et la mangue, illumine le plat d’un vrai rayon de soleil. Commandez un verre d’Albarino de la région de Rias Baixas, un sauvignon blanc au coeur fruité et pétillant, vous verrez, c’est un pur bonheur.

En plat de viande est avancée une combinaison fascinante. Admirez l’assiette – un vrai tableau contemporain, toute e petite touche, un savant jeu de textures et de saveurs. Je tends d’abord ma fourchette vers le chevreuil, d’une qualité extraordinaire, tendre, une viande de caractère, sur un lit de chou imbibé de sauce chasseur avec ses notes poivrées. Sur le côté, un farci de lièvre à accorder avec une purée de coing, onctueuse et légèrement acidulé. Une large palette de sensations qui aliment d’emblée la conversation avec son voisin de table, un plat dont on a forcément envie de parler, d’élaborer, de décortiquer.
Bel accord avec un Domaine de la Chevalerie - un excellent Bourgueil 2010 au bouquet floral, un peu de réglisse – parfait avec la force des viandes - des fruits rouges en force, framboises et cerises. Gorgeous with a Domaine de la Chevalerie.




Il est temps de passer au sucré. Pour préparer le palais est d’abord offert une tuile croquante à l’orange, qui rappelle la crêpe Suzette, garnie de riz au lait vanillée et fondant. Le genre de dessert qui vous ramène à l’enfance, en cuisine, casserole sur la cuisinière… La présentation est ici très bijou, le crémeux travaillé à la perfection, le tout couronné d’une quenelle de sorbet à la pina colada. Mazette!

Last but not least, un moelleux au chocolat au coeur fondant, poudré sur le dessus, accompagné d’une poignée de pistache, d’une quenelle de glace au lait et collier de caramel. On n’a beau n’avoir plus faim, on craque quand meme, quitte à avoir des moustaches au cacao… Conclusion exquise sur un Mas Amiel 2009 – l’un de ces vins cultes que l’on n’imagine qu’avec un dessert chocolaté – une explosion de mûres en bouche, de muscade, d’épices douces, de caramel. Presque satiné.

Verdict? Applaudissements. D’autant plus que ce menu d’hiver n’est qu’à £50 pour 6 plats, £80 si vous ajoutez les vins (6 verres au total). Epoustouflant pour la qualité des ingrédients, la finesse des saveurs, les techniques. Amis végétariens, un menu gourmet (et pas seulement quelques options de remplacement) vous est d’ailleurs entièrement dédié, tout aussi alléchant que celui-ci. Je vous l’avoue, plus je regarde les autres choix du menu, plus je salive d’emblée! Belle ambiance tamisée et calme: on s’entend parler, une valeur rare que j’aime à souligner. Un bon choix pour les dîners romantiques. Just saying
.
Morgan M
50 Long Lane
London EC1A 9EJ
Teatime in Wonderland était invité par Morgan M.
One Aldwych: pause en famille (III)
One Aldwych recèle bien des trésors.
Le Lobby bar, élégant et spacieux, est devenu mon lieu de rendez-vous favori. Imaginez prendre un afternoon tea (leur Battenberg vaut le détour) ou un cocktail entouré d’œuvres d’art et de mises en scène florales… Les tables sont arrangées en mini-salons, permettant de converser sans jamais avoir à hausser la voix. Lorsqu’on connait le niveau sonore habituel des bars londoniens, on chérit cette adresse.
Idéalement, glissez-vous plutôt au comptoir. Les mixologistes ont un style fabuleux. Demandez-donc une de leurs créations flambées : hypnotisant. Je lisais récemment sur la page Facebook de l’hôtel (qui propose toutes les semaines des conseils londoniens) que Rory Slater, le directeurculinaire, souhaitait créer un cocktail signature qui deviendrait aussi célèbre que le Singapore sling. Je guette avec impatience.
Le lounge accueille aussi les enfants. La carte propose des mocktails. Louise*Anne, amoureuse inconditionnelle du rose, choisira le Smooth Berries (£6) qui allie mûres, fraises, framboises, grenade et jus d’airelles. 5 a day dans un seul verre! La serveuse amènera une seconde paille pour que l’ami nounours puisse partager le délice ainsi qu’une assiette de biscuits maisons au cas où la petite n’aimerait pas les versions salées ou le mélange de noix. Dans un murmure, ma fille me demandera : C’est comme ça tous les jours, la vie des princesses? /span>

A retenir également - la sélection de dessert cocktails. Une belle idée pour finir un repas sur une note plus légère ou tout simplement après une comédie musicale - vous êtes ici au cœur de theatreland. Le Roi Lion se joue just’à côté. Gourmande, je craquerai sur Sweet Temptation (£11.50) : une boule de sorbet au citron associée à du gin, de la liqueur de pistache et de l’amande. On ferme les yeux et on rêve à l’Italie. Les saveurs s’alternent inlassablement citron-pistache-amande et l’on ne peut s’empêcher de reprendre une gorgée pour les garder plus longtemps en bouche. Une création qui vous fera oublier votre amour du chocolat!
A discuter et admirer les lumières de la ville, vient finalement l’appétit. Il suffit de monter d’un étage pour dîner à Indigo. Qu’il est agréable de s’attabler dans ces fauteuils, de pouvoir poser les coudes, de délasser tout le corps… A choisir, demandez une table près du balcon pour observer la valse des visiteurs au lobby bar où vous étiez quelques instants auparavant. La scène rappelle les salons viennois. Clinquement musical des verres, danses des serveurs, beaux atours, froissement des robes, flammes des bougies ajoutant à la magie du lieu.
A travers les baies en arc de cercle, vous apercevrez le Lyceum ainsi que la foule attendant d’entrer découvrir Le Roi Lion. Shrek se joue également à une rue de là – idéal, tout est faisable à pied.
Les enfants ont leur propre carte. La sélection propose des classiques –spaghettis frais avec sauce tomate maison, mini-hamburgers… mais aussi soupes, salade de poulet et brochettes yakitori. La qualité des plats, pour avoir testé l’excellent fish & chips, est la même que dans l’assiette des grands. L’équipe sait aussi s’adapter. Mon fils s’est pris d’une passion pour le pain au sésame: ils lui en ont reproposé régulièrement. Ma fille souhaitait une simple pomme en dessert : il lui en ont trouvé une. Pas un sourcillement de notre serveur qui trouvait tout à fait naturel d’aider le repas à se dérouler le mieux du monde même si les demandes étaient hors-menu. Toujours un immense soulagement pour les parents!
Mais laissez-moi vous mettre l’eau à la bouche. Regardez donc cette magnifique présentation de tempura de crabe (£15)… Quelle finesse! Une chair délicate, des Saint-Jacques grillées, des algues pour les notes iodées, un peu d’aneth, des touches de pamplemousse, d’oranges et citron vert juteux, des bouchées de bar, et quelques cuillerées d’une crème aux herbes. Un mariage frais et étonnant dont on ne laisse pas une miette dans l’assiette.
La soupe de poissons (£7) s’avère tout autant un délice de première classe. Un texture légère mais gorgée de saveurs qui ne nécessite en rien l’addition de rouille. A la première cuillère, on réalise que la portion est généreuse en moules et CLAMS, amenant un beau mélange de textures. Copieux et vraiment réconfortant lorsque l’on revient d’une marche dans le froid. Ne manque que le bruit des vagues pour parfaire l’expérience!
En plat principal, coup de cœur pour le blanc de poulet du Cumbria (£19). Quel est donc le secret de cette viande? Pour un peu j’irai espionner en cuisine. Il suffit d’une bouchée pour réduire toute conversation à mmmmmh. Jamais je n’en ai rencontré d’aussi tendre, d’aussi goûteuse. Le tout repose sur une onctueuse purée de chou-fleur rehaussée d’un jus de viande parfumé d’estragon. En accompagnement, des cèpes, riches, qui me rendent nostalgiques de ma région bordelaise mais aussi du broccoli cru à la perfection.

Ayant récemment succombé au luxe de la truffe, je n’ai pu m’empêcher de commander ces œufs pochés parfumés à cet exceptionnel champignon. Ah, la, la, les amis. Une polenta exceptionnelle, vraiment crémeuse, fondante, présentée en quenelle. L’œuf offrait un jaune riche, joliment coloré. Tout autour, champignons sauvages aux notes de sous-bois et crème au parmesan à laisser rouler sur la langue. Le plat est couronné de copeaux de truffes. Un plat que je commanderais volontiers au petit-déjeuner, déjeuner et dîner sans, je crois, jamais m’en lasser. Il faut bien des talents pour équilibrer ses saveurs sans qu’elles ne saturent.
Que boit-on ? Un vin blanc argentin, un Mendoza - amande, vanille, chêne… Une belle découverte pour moi qui choisit d’habitude des Malbecs. A noter dans la liste de vins doux pour accompagner les desserts, du vin de glace, un délice canadien à tester absolument. Il est bien trop rare d’en croiser sur Londres.

One Aldwych a pensé aux gourmands qui, comme moi, commence le menu… par la liste de desserts et choisissent le reste de leur repas en fonction. Quel programme ! Pommes à la gelée de Sauternes et mini-doughnuts, macaron banoffee (caramel et banane), assiettes tout chocolat. Si je m’étais écoutée, je n’aurais pris que du sucré. Renseignez-vous d’ailleurs sur leur offre 10 after 10 - un verre de vin et un dessert pour £10 passées 22 heures. Une succulente idée pour discuter d’une pièce de théatre, prolonger la magie de la soirée…
Les amateurs de citron se doivent de tester l’assortiment aux agrumes (£7). Des rondelles d’orange confits et roulées dans des grains de sucre, un sponge cake moelleux dont le parfum énivre avant même la première bouchée, un mille-feuille de shortbreads citronné gorgé de crême vanillée à accompagner de lemon curd acidulée, des zestes d’orange et de citron vert cuits dans un sirop. Croquant, onctueux, moelleux…

Si vous recherchez l’exotisme, commandez le parfait à la citronnelle (£7), idéal pour conclure une fête gustative. Léger biscuit gorgés de jus, ananas caramélisé réhaussé d’anis étoilé avant un nuage à la citronnelle et de l’ananas frais. Le dessert est accompagné d’une verrine sur le même thème mais proposant une déclinaison de textures différentes comme cet étage vanillé et ce granité tropical. Pierre Hermé devrait venir découvrir cette alliance au plus vite!

Comment, ce restaurant n’a pas encore d’étoile? Incroyable. Découvrez-le vite avant qu’il ne soit pris d’assaut, d’autant plus que les offres pre et post-theatre (de 17.30 à 19.00 puis de 22.00 à 23.15 ou 22.30 le dimanche) sont tout à fait abordables: £18.75 pour deux plats, £21.75 pour trois.
(A suivre - car le petit-déjeuner de One Aldwych est tout autant un régal)
One Aldwych
London
WC2B 4BZ
Déjeuner à Paris: Le Velvet
Avec sa carte ensoleillée et ses notes gourmandes méridionnales, déjeuner au Velvet offre une parenthèse dans le sud de la France. En effet, le restaurant du bel Hôtel Beauchamps est sous la coupe du Bistrot d’Antoine, adresse incontournable du vieux Nice. Le chef Hugo Pinto, passionné et perfectionniste, relève ici un beau défi et concocte des plats savoureux qui laissent rêveurs et donnent envie de partir en vacances, là maintenant, de suite.
J’y aime, d’emblée, l’impression d’espace, de lumière. Esprit bistrot chic mais sans jouxter la table de ses voisins. Banquettes, fauteuils, chaises à effet comptoir amènent au confort et permettent au passage d’éloigner les niveaux de conversation, une astuce bien pensée.
Le ton est donné dès la table: ici, tout est affaire de goût et de qualité des produits. On trouvera donc de la fleur de sel et une huile d’olive divine, fruitée et délicate, Château Léoube, sublime crue sur un morceau de pain frais. Avant même d’avoir ouvert la carte, vos sens sont déjà en éveil.
Sur la recommandation de l’équipe, nous goûtons deux verres de Bargemone blanc, un excellent Côteaux d’Aix-en-Provence, distingué, raffiné - notes acidulées de pommes vertes, de citron, de sauge. L’accompagnement idéal pour des saveurs élégantes tout en rafraichissant le palais. Nous le garderons d’ailleurs tout au long du repas.

Celui-ci s’accompagne, en amuse-bouche, d’une assiette de pissaladière, cette amusante pizza du sud. Je la juge souvent trop amère mais celle-ci combine une compotée d’oignons confits au sucre qui font toute la différence. D’abord cette touche de douceur, fondante, puis le salé des anchoies, le fruité de l’olive. Si elle n’était pas amenée juste sortie du four et donc encore fumante, elle disparaîtrait de l’assiette en quelques secondes.
Les descriptions du menu chantent, alléchantes. Confitures de citron et pignon, velours de potiron, saumon sel et sucre… Les mots sont choisis avec soin, intriguent les papilles, on devine d’avance, la douceur des textures. Je craquerai sur la très poétique Velouté de légumes aux chanterelles et châtaignes (14€). Une caresse où l’on décèle le panais, une touche de fleur de sel. Quelle beauté dans l’assiette, quelle palette de couleurs! D’adorables champignons, des tomates rôties, des pépites de châtaigne: chaque bouchée amène une explosion de saveurs différentes et se savoure pleinement.
Essayez donc également les fines tranches de veau comme un vitello tonnato (15€). Présentée sur une assiette rectangulaire et en longueur, quel chic dans l’arrangement! Sur un lit de sucrine repose la viande, épatante. Si habitué à déguster le veau en escalape, on ne l’imaginait pas d’une telle finesse en bouche. Tomates rôties, copeaux d’un excellent parmesan, persil, olives, capres, pignons de pin viennent compléter le tableau. Après l’excès des fêtes, la fraîcheur de ce plat est souveraine et convient tout à fait en plat unique si le temps vous presse. Equilibré et simplement délicieux.
En plat principal, comment ne pas admirer ces riches Saint-Jacques à la plancha, pensées comme un tableau (29€)? Un trait de purée de céleri qui fait écho au caractère prononcé du coquillage, noisetté des pommes de terre, caramélisé des mini-betteraves, brisures de chataigne. Bel équilibre gustatif, un régal dont on ne se lasse pas – une véritable valse gourmande.
Ne ratez pas la cocotte de pluma de cochon ibérique (24€). Cette viande (située entre les deux épaules de l’animal) est connue pour sa qualité fabuleuse et est ici presque confite par la sauce. Le mot qui me vient à l’esprit pour celle-ci est satinée et on la finira d’ailleurs à la cuillère. Artichaud fondant, petites bouchées délicates, olives, tomates, thym, légèrement poivré, c’est tout le sud qui s’échappe de ce fumet.
Belle gamme aussi côté desserts. Le fruit est de saison, je choisirai la verrine à la chataigne façon Mont Blanc (10€) . La description est trompeuse: j’attendais une petite portion, celle-ci s’est avérée extrèmement généreuse et méritait d’être partagée en amoureux. Bien plus complexe que la signature d’Angelina, elle offre une belle thématique et des densités différentes: mousse aérienne, glace, crème chantilly vanillée légère en bouche et gourmandise meringuée…
Si vous n’arrivez pas à choisir dans les douceurs du jour, demandez le café gourmand (11€) pour profiter des mini-versions et mignardises. Ce jour-là – j’imagine que les assortiments varient au fil du temps, on y retrouvait la verrine à la chataigne ainsi qu’une pannacota onctueuse et sa purée de mangue exotique. Le macaron – maison, bien sûr – est à base d’une pâte de pistache épatante. Une dernière touche: un croquant aux noisettes pour accompagner le grillé de l’espresso.
Verdict: tout près des Champs, une adresse loin du clinquant réservé aux touristes, une adresse vraie qui réveille les papilles. Les prix reflètent la qualité irréprochable des produits, les saveurs sont travaillées pour être respectueuses du terroir Sud tout en affinant, amenant de belles longueurs en bouches, des plats plus fins que la cuisine de nos grands-mères. Il y a du génie chez Hugo Pinto, un chef à suivre de près.
Restaurant Le Velvet
Hôtel Beauchamps
24 rue de Ponthieu
75008 Paris
Teatime in Wonderland était invité par Le Velvet
Un week-end à Londres: 06-08 janvier 2012
Une nouvelle page de tournée. Bonne résolutions, prises dans le cocon des fêtes. Bonnes résolutions, fortement secouées par la reprise, parfois semées sur le chemin du boulot, on les reprendra, se dit-on, sur le chemin du retour. Griffonner, s’efforcer d’oublier 2011 pour écrire, sagement, sur les pages: 2012. Avoir envie que tout change et s’étonner, une fois assise devant son écran que finalement, tout soit pareil, encore éblouie par la magie de décembre. Adieu paillettes de l’An Nouveau.
Qu’à cela ne tienne. Parfois la meilleure résolution, c’est d’opter pour des paillettes de pacotilles, celles qui éclairent le regard et hypnotisent le regard. Pour ajouter du brillant au quotidien, même les bourrasques du temps londonien menacent de faire s’envoler les parapluies. Et puis sourire!

Santé!
* Levez votre pinte à la santé de Dickens.
Sourire:
* Les chauffeurs de taxi n’ont pas froid aux yeux. Enfin, pas froid du tout, d’ailleurs.
* Le quidditch, ça vous tente?
* L’art se joue du winter blues dans le métro.
* Et sinon, des frites avec ça?
Miam time:
* Cherchez la fève au Connaught – dimanche, la galette des rois fera partie de l’afternoon tea servi par la célèbre Hélène Darroze. Celle-ci peut aussi sera aussi disponible à emporter - appelez-les!
* Testez la it/eat address du moment, le Delaunay.
* Deal. Souvenez-vous du Rosendale et de l’Avalon, ces délicieux gastropubs, child-friendly, qui plus est. Jusqu’à la fin du mois, vous pouvez y manger à moitié prix!
Hors des sentiers battus:
* Passez découvrir les alentours du stade olympique.
* Tombez en amour pour les courts-métrages.
* Disco, karaoke, bowling et nains de jardins. Si,si.
* Rêvez dans un jardin anglais.






























































































