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19 Princelet Street – l’histoire de Spitafields
Les rues entourant Spitafields fascinent toujours les promeneurs. D’adorables maisons de briques, volets laqués. Homes sweet homes.
On sait le quartier riche en histoire. Un quartier d’immigrants, chaque envahie, chaque culture ayant laissé son empreinte. On ne sait pas grandchose d’autre, en fait. Les touristes viennent pour Brick lane, les étals de créateurs montants, le buzz.
19 Princelet Street est, littéralement, un musée de vie.
Pas l’une de ces maisons historiques grandioses. Non, celle-ci n’a pas été restauré et c’est tant mieux.
On apprend ici, le passé du quartier, qui fut toujours un étonnant melting pot. Il y eut d’abord un hôpital destiné aux voyageurs, entouré de verdure. Spital pour Hospital, fields pour les champs.
Plus tard, les Huguenots fuirent la persécution française et se retrouvent ici. 50 000 sur Londres, 55 de la population. Ils ont pratiquement tout abandonnés sur place, ne viennent qu’avec leurs talents. Des orfèvres, des tisserands. Ils développent une soie très recherchée, compensent leur pauvreté par des demeures gaies, colorées, fleuries. Ce marché ne dure qu’un temps.
Survient la terrible famine irlandaise. Les hommes viennent chercher du travail en Angleterre. On les accuse – comme chaque minorité, tour à tour, de voler le travail des natifs. Ils dynamisent pourtant l’économie du pays, ne rechignent pas à la tâche.
Arrivent les Juifs et leurs talents en textiles. Les rues résonnent du chant des machines à coudre. Un travail dur dans une atmosphère étouffante.
D’autres vagues suivent.
Et cette maison – on ne peut y prendre de photos, il vous faudra l’imaginer – démontre à la fois la fragilité et la force de ces communautés. La confusion, le mélange de langue, le rejet, l’impression de n’avoir pas de chez soi. Et la richesse d’être ensemble, de ne jamais plier tout à fais, de se soutenir, se souvenir aussi.
Les murs ont bien vécu, les marches sont errodées de milliers de pas, les couleurs de la verrière s’écaillent, tout est en demie-teinte. Mais elle vibre. Les bénévoles, amoureux du lieu, la font revivre. Elle fut, un temps, synaguogue. Levez les yeux, vous apercevrez des noms encore écrits en hébreu, en lettres dorées. Chaque détail touche au coeur. Ici et là des valises à ouvrir qui évoquent autant l’espoir que la crainte, des tiroirs. Ici un enregistrement de chants qui vous transportent totalement. Des récits d’élèves, eux aussi marqués par le lieu.
Faute de fonds, 19 Princelet street ne peut ouvrir que qu’une poignée de jours par an, dont ce week-end. Passez-y. L’entrée est gratuite mais soutenez-les, laissez quelques pièces, acheter une carte postale. Tissez votre histoire dans la sienne.
19 Princelet Street
19 Princelet t
Shoreditch
London E1 6QH
Intéressé par ce quartier? Liser ce fabuleux blog qui en retrace la mémoire. Mon premier plaisir chaque matin.
Cross Bones Graveyard
Tout près de Borough Market, se trouve un terrain vague des plus mornes.
Ce n’est qu’en passant le coin de la rue que le regard est attiré par la grille. Sur celle-ci sont accrochés des milliers de rubans, de breloques, de gris-gris de coeurs en crochet formant un mili-melo de kitscheries attendrissantes.
Les bords de la Tamise ne furent pas toujours des plus touristiques - on trouvait surtout dans ce quartier des stews ou étuves, une métaphore pour les maisons closes. Tolérées par l’Eglise (on les surnommait d’ailleurs les oies de Winchester), elles restaient considérées comme pécheresses et donc mises à l’écart à leur mort. Se trouvait là leur cimetierre, Cross Bones. A la fermeture des réseaux par Cromwell, on y enterrera par la suite les pauvres du quartier. Il ferme en 1853, jugé “surchargé”, reste à l’abandon.
Dans les années 90, le métro londonien tombe dessus en faisant des travaux pour la Jubilee Line. Les fouilles déterrent 148 squelettes… le lieu en contenait 1500.
Un écrivain local, John Constable, est touché au coeur par l’histoire. En inscrivant les quelques noms connus sur les rubans, il redonnent une mémoire, une voix à ces oubliés de l’histoire. Chaque 23 du mois a lieu un petit rassemblement - quelques bougies, quelques rubans de plus. L’association souhaiterait que le terrain soit transformé en jardin commémoratif.
On repart bien pensif de ce mémorial…
Cross Bones Yard
Red Cross lane
Southwark
London
D’autres cimetierres:
- Brompton
- Highgate East
- Highgate West
- Bunhill fields
Pimlico’s infants hospital
Dans les quartiers les plus monotones, le regard accroche parfois un simple détail, comme ce camée dans Udall Street. On cherche alentours le moindre indice, on trouve d’autres bambins emmaillotés. Une inscription précise qu’il s’agissait d’un infant hospital, un hôpital dédié aux 0-3 ans… Internet rajoute qu’il ouvre ses portes en 1907 puis fusionne avec le Westminster hospital en 1946. Le lieu fut pionner dans la lutte contre la malnutrition enfantine. La sculpture symbolise donc sans doute un bambin libéré de ses bandages, rendu à ses parents en pleine santé. On imagine les enfants en lange, les pleurs et les rires qui ont du vibrer à travers ses murs…
Comme la soupe populaire de Shoreditch, le bâtiment est à présent converti en appartements.
The infants hospital, Udall St, London, SW1
Cherche rayon de lumière…
Du haut de mon bus à étages, mon regard a accroché ce relief sculpté à Moorgate place.
Londres a quelques phares – un faux pres de St Pancras, qui servait sans doute de panneau publicitaire… Un vrai à Trinity Buoy Wharf, près des quais de l’O2…
Mais sur celui-ci, point d’historique sur le web. Quelqu’un aurait des infos?
A la soupe!
Voilà une façade peu commune!
Fin 19ème siècle, de nombreux juifs fuient la Russie pour l’Europe: des lois antisemites, visant à l’épuration du pays viennent d’être votées. Ils arrivent, entr’autres, sur Londres, sans le sou, sans logement, sans travail, dure situation.
Cette soupe populaire fut financée par la communauté juive fortunée pour soutenir les leurs dans le besoin. Elle s’installe dans un premier temps sur Leman street en avant de déménager en 1902 à cet emplacement sur Brune street. Ouverte les lundis, mardis, mercredis et jeudis, qu’y sert-on? De la soupe et du pain au quotidien, des sardine et de la margarine kasher tous les deux soirs. Le jeudi soir, un ration supplémentaire est confiée aux pauvre pour tenir le week-end.
En 1931, on y avait servi 4000 nécessiteux sur l’hiver… Dans les années 1950, on compte encore 1500 réguliers. Le local ferme en 1992, l’association rejoignant celle de Beaumont Care.
Reste de ce trés bel effort communautaire, ces lettres suspendues, cette soupière sculptée… Le bâtiment accueille maintenant des appartements chics…
Soup kitchen for the poor
19 Brune street
Spitafields
London E1
A quelques minutes de marche, passez voir les oeuvres d’Eine, les maisons de Huguenots, faites une pause pizza du monde ou bio gourmet et finissez sur une tasse de thé!
Southbank: traquez les details historiques
Southbank: la promenade la plus classique de Londres. Ideale pour les visiteurs de passage, puisque longeant des monuments cles tout en offrant un beau panorama de la ville. Adoree par les Anglais puisque sans circulations, toujours animee, jalonnee de cafes et pubs. De Westminsterjusqu’au Scoop, l’atmosphere change selon les quartiers – hypra touristique pres du London Eye… Estivale a Gabriel’s wharf… Historique pres de Clink street… Gourmande pres du Borough market… Pittoresque pres de Tower Bridge…
Cette promenade, vous l’avez empruntee cent, mille fois. Vous la connaissez par coeur.
Mais ouvrez l’oeil. Aviez-vous repere ces macarons jaunes?
Le premier instinct est de les ignorer et de les croire uniquement pour touristes frais debarques. Oui, oui, ils ne doivent marquer que les points principaux comme la Tate. Effectivement, ils couvrent les monuments d’interet mais aussi l’historique de lieux plus discrets: des pubs, des batiments aujourd’hui disparus mais qui ouvrent une fenetre sur un autre Londres, des facades au semblant innocent mais qui cachent des anecdotes interessantes. J’apprends ainsi que cette magnifique rosace, entre la prison the Clink et le bateau de Francis Drake, a ete redecouverte apres l’incendie d’une manufacture de moutarde… Il s’agit d’un vestige du palais de Winchester, a l’origine, demeure des eveques de Londres.
Si votre portable se connecte a internet, faites donc la decouverte au fur et a mesure de votre ballade habituelle. Si ce n’est pas le cas, parcourez le site web de chez vous pour mieux devorer Londres le week-end venu! 40 lieux sont a decouvrir…
City insights
Carte interactive
A decouvrir egalement sur Southbank:
- Le XXeme siecle par Topolsky
- La plus ancienne salle d’operation
- Le tunnel de Leake Street
- La gallerie des visiteurs @ la Tate Modern
- Le cottage d’Hopton Street
Le cottage d’Hopton Street
Il etait un temps ou l’on pouvait marcher tout le long de la Tamise, du London Eye a Tower Bridge, en ligne droit. Les travaux destines a la station Blackfriar’s forcent a present les promeneurs a prendre un leger detour avant d’arriver a la Tate.
En empruntant Hopton Street pour retrouver le fleuve (et tomber pile sur mon pub prefere qui sert une biere aux notes de cacao), j’admire toujours ce cottage, qui tranche vraiment sur les buildings et grues environnantes…
Un cottage, disais-je? Pas du tout. Charles Hopton, un poissonnier fortune, a decide d’acheter ce terrain et d’y faire construire en 1731 un hospice pour les pauvres hommes du quartier. 26 habitations verront le jour - le format reste extremement simple: un salon au rez-de-chaussee, une chambre a l’etage. Chaque habitant recoit par annee un chaudron de charbon et £6 pour les soutenir. Ils peuvent, bien sur, se marier mais l’organisme de charite ne couvrira pas leur frais.
Les maisonnettes existent toujours, cachees par la verdure et accueillent encore aujourd’hui des personnes en difficulte.
Hopton’s Charity
Hopton st
Southwark
London SE1 9JI
Shad Thames
Pres de Tower Bridge se loge un quartier historique. Les touristes s’y aventurent peu – a premiere vue, il est vrai, Shad Thames est peu anime.
Il contient pourtant tout un pan d’histoire de la ville. Aux temps victoriens, c’est ici que se sont construits les grands entrepots recevant les marchandises des colonies: the, cafe, epices etaient decharges vers les batiments ou chargees de ces derniers vers d’autres destinations. Imaginez donc le traffic de navires, matelots, cordages, le brouhaha, le melange des langues. Les noms suivaient la logique du lieu: Cayenne Court, Tea Trade wharf…
Au vingtieme siecle, le port est trop engorge – on construit dons plus a l’est et le quartier tombe dans le silence. Ce n’est que dans les annees 1980 que les architectes et les visionnaires (Terence Conran en particulier) s’interessent aux entrepots desormais vides et les transforment en appartement de luxe. Les chanceux ont vue sur Tower Bridge, sur la City… Les fenetres d’origine ont parfois ete gardees – minuscules, ce qui tempere legerement la vue! Des restaurants haut de gamme s’installent du coup sur les bords de la Tamise ainsi que le Design Museum.
Restent quelques traces de ce passe: quelques noms d’epoque sur les murs de brique, des treuils, les paves de la rue et ce detail qui surprend souvent les passants…
Ces passages servaient tout simplement a rouler les barriques du Butlers Wharf Building au Cardamom Building. De nos jours, ils servent de balcon aux appartements abrites de chaque cote.
Suspendus entre deux temps…






























