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One Aldwych: pause en famille (III)
One Aldwych recèle bien des trésors.
Le Lobby bar, élégant et spacieux, est devenu mon lieu de rendez-vous favori. Imaginez prendre un afternoon tea (leur Battenberg vaut le détour) ou un cocktail entouré d’œuvres d’art et de mises en scène florales… Les tables sont arrangées en mini-salons, permettant de converser sans jamais avoir à hausser la voix. Lorsqu’on connait le niveau sonore habituel des bars londoniens, on chérit cette adresse.
Idéalement, glissez-vous plutôt au comptoir. Les mixologistes ont un style fabuleux. Demandez-donc une de leurs créations flambées : hypnotisant. Je lisais récemment sur la page Facebook de l’hôtel (qui propose toutes les semaines des conseils londoniens) que Rory Slater, le directeurculinaire, souhaitait créer un cocktail signature qui deviendrait aussi célèbre que le Singapore sling. Je guette avec impatience.
Le lounge accueille aussi les enfants. La carte propose des mocktails. Louise*Anne, amoureuse inconditionnelle du rose, choisira le Smooth Berries (£6) qui allie mûres, fraises, framboises, grenade et jus d’airelles. 5 a day dans un seul verre! La serveuse amènera une seconde paille pour que l’ami nounours puisse partager le délice ainsi qu’une assiette de biscuits maisons au cas où la petite n’aimerait pas les versions salées ou le mélange de noix. Dans un murmure, ma fille me demandera : C’est comme ça tous les jours, la vie des princesses? /span>

A retenir également - la sélection de dessert cocktails. Une belle idée pour finir un repas sur une note plus légère ou tout simplement après une comédie musicale - vous êtes ici au cœur de theatreland. Le Roi Lion se joue just’à côté. Gourmande, je craquerai sur Sweet Temptation (£11.50) : une boule de sorbet au citron associée à du gin, de la liqueur de pistache et de l’amande. On ferme les yeux et on rêve à l’Italie. Les saveurs s’alternent inlassablement citron-pistache-amande et l’on ne peut s’empêcher de reprendre une gorgée pour les garder plus longtemps en bouche. Une création qui vous fera oublier votre amour du chocolat!
A discuter et admirer les lumières de la ville, vient finalement l’appétit. Il suffit de monter d’un étage pour dîner à Indigo. Qu’il est agréable de s’attabler dans ces fauteuils, de pouvoir poser les coudes, de délasser tout le corps… A choisir, demandez une table près du balcon pour observer la valse des visiteurs au lobby bar où vous étiez quelques instants auparavant. La scène rappelle les salons viennois. Clinquement musical des verres, danses des serveurs, beaux atours, froissement des robes, flammes des bougies ajoutant à la magie du lieu.
A travers les baies en arc de cercle, vous apercevrez le Lyceum ainsi que la foule attendant d’entrer découvrir Le Roi Lion. Shrek se joue également à une rue de là – idéal, tout est faisable à pied.
Les enfants ont leur propre carte. La sélection propose des classiques –spaghettis frais avec sauce tomate maison, mini-hamburgers… mais aussi soupes, salade de poulet et brochettes yakitori. La qualité des plats, pour avoir testé l’excellent fish & chips, est la même que dans l’assiette des grands. L’équipe sait aussi s’adapter. Mon fils s’est pris d’une passion pour le pain au sésame: ils lui en ont reproposé régulièrement. Ma fille souhaitait une simple pomme en dessert : il lui en ont trouvé une. Pas un sourcillement de notre serveur qui trouvait tout à fait naturel d’aider le repas à se dérouler le mieux du monde même si les demandes étaient hors-menu. Toujours un immense soulagement pour les parents!
Mais laissez-moi vous mettre l’eau à la bouche. Regardez donc cette magnifique présentation de tempura de crabe (£15)… Quelle finesse! Une chair délicate, des Saint-Jacques grillées, des algues pour les notes iodées, un peu d’aneth, des touches de pamplemousse, d’oranges et citron vert juteux, des bouchées de bar, et quelques cuillerées d’une crème aux herbes. Un mariage frais et étonnant dont on ne laisse pas une miette dans l’assiette.
La soupe de poissons (£7) s’avère tout autant un délice de première classe. Un texture légère mais gorgée de saveurs qui ne nécessite en rien l’addition de rouille. A la première cuillère, on réalise que la portion est généreuse en moules et CLAMS, amenant un beau mélange de textures. Copieux et vraiment réconfortant lorsque l’on revient d’une marche dans le froid. Ne manque que le bruit des vagues pour parfaire l’expérience!
En plat principal, coup de cœur pour le blanc de poulet du Cumbria (£19). Quel est donc le secret de cette viande? Pour un peu j’irai espionner en cuisine. Il suffit d’une bouchée pour réduire toute conversation à mmmmmh. Jamais je n’en ai rencontré d’aussi tendre, d’aussi goûteuse. Le tout repose sur une onctueuse purée de chou-fleur rehaussée d’un jus de viande parfumé d’estragon. En accompagnement, des cèpes, riches, qui me rendent nostalgiques de ma région bordelaise mais aussi du broccoli cru à la perfection.

Ayant récemment succombé au luxe de la truffe, je n’ai pu m’empêcher de commander ces œufs pochés parfumés à cet exceptionnel champignon. Ah, la, la, les amis. Une polenta exceptionnelle, vraiment crémeuse, fondante, présentée en quenelle. L’œuf offrait un jaune riche, joliment coloré. Tout autour, champignons sauvages aux notes de sous-bois et crème au parmesan à laisser rouler sur la langue. Le plat est couronné de copeaux de truffes. Un plat que je commanderais volontiers au petit-déjeuner, déjeuner et dîner sans, je crois, jamais m’en lasser. Il faut bien des talents pour équilibrer ses saveurs sans qu’elles ne saturent.
Que boit-on ? Un vin blanc argentin, un Mendoza - amande, vanille, chêne… Une belle découverte pour moi qui choisit d’habitude des Malbecs. A noter dans la liste de vins doux pour accompagner les desserts, du vin de glace, un délice canadien à tester absolument. Il est bien trop rare d’en croiser sur Londres.

One Aldwych a pensé aux gourmands qui, comme moi, commence le menu… par la liste de desserts et choisissent le reste de leur repas en fonction. Quel programme ! Pommes à la gelée de Sauternes et mini-doughnuts, macaron banoffee (caramel et banane), assiettes tout chocolat. Si je m’étais écoutée, je n’aurais pris que du sucré. Renseignez-vous d’ailleurs sur leur offre 10 after 10 - un verre de vin et un dessert pour £10 passées 22 heures. Une succulente idée pour discuter d’une pièce de théatre, prolonger la magie de la soirée…
Les amateurs de citron se doivent de tester l’assortiment aux agrumes (£7). Des rondelles d’orange confits et roulées dans des grains de sucre, un sponge cake moelleux dont le parfum énivre avant même la première bouchée, un mille-feuille de shortbreads citronné gorgé de crême vanillée à accompagner de lemon curd acidulée, des zestes d’orange et de citron vert cuits dans un sirop. Croquant, onctueux, moelleux…

Si vous recherchez l’exotisme, commandez le parfait à la citronnelle (£7), idéal pour conclure une fête gustative. Léger biscuit gorgés de jus, ananas caramélisé réhaussé d’anis étoilé avant un nuage à la citronnelle et de l’ananas frais. Le dessert est accompagné d’une verrine sur le même thème mais proposant une déclinaison de textures différentes comme cet étage vanillé et ce granité tropical. Pierre Hermé devrait venir découvrir cette alliance au plus vite!

Comment, ce restaurant n’a pas encore d’étoile? Incroyable. Découvrez-le vite avant qu’il ne soit pris d’assaut, d’autant plus que les offres pre et post-theatre (de 17.30 à 19.00 puis de 22.00 à 23.15 ou 22.30 le dimanche) sont tout à fait abordables: £18.75 pour deux plats, £21.75 pour trois.
(A suivre - car le petit-déjeuner de One Aldwych est tout autant un régal)
One Aldwych
London
WC2B 4BZ
Déjeuner à Paris: Le Velvet
Avec sa carte ensoleillée et ses notes gourmandes méridionnales, déjeuner au Velvet offre une parenthèse dans le sud de la France. En effet, le restaurant du bel Hôtel Beauchamps est sous la coupe du Bistrot d’Antoine, adresse incontournable du vieux Nice. Le chef Hugo Pinto, passionné et perfectionniste, relève ici un beau défi et concocte des plats savoureux qui laissent rêveurs et donnent envie de partir en vacances, là maintenant, de suite.
J’y aime, d’emblée, l’impression d’espace, de lumière. Esprit bistrot chic mais sans jouxter la table de ses voisins. Banquettes, fauteuils, chaises à effet comptoir amènent au confort et permettent au passage d’éloigner les niveaux de conversation, une astuce bien pensée.
Le ton est donné dès la table: ici, tout est affaire de goût et de qualité des produits. On trouvera donc de la fleur de sel et une huile d’olive divine, fruitée et délicate, Château Léoube, sublime crue sur un morceau de pain frais. Avant même d’avoir ouvert la carte, vos sens sont déjà en éveil.
Sur la recommandation de l’équipe, nous goûtons deux verres de Bargemone blanc, un excellent Côteaux d’Aix-en-Provence, distingué, raffiné - notes acidulées de pommes vertes, de citron, de sauge. L’accompagnement idéal pour des saveurs élégantes tout en rafraichissant le palais. Nous le garderons d’ailleurs tout au long du repas.

Celui-ci s’accompagne, en amuse-bouche, d’une assiette de pissaladière, cette amusante pizza du sud. Je la juge souvent trop amère mais celle-ci combine une compotée d’oignons confits au sucre qui font toute la différence. D’abord cette touche de douceur, fondante, puis le salé des anchoies, le fruité de l’olive. Si elle n’était pas amenée juste sortie du four et donc encore fumante, elle disparaîtrait de l’assiette en quelques secondes.
Les descriptions du menu chantent, alléchantes. Confitures de citron et pignon, velours de potiron, saumon sel et sucre… Les mots sont choisis avec soin, intriguent les papilles, on devine d’avance, la douceur des textures. Je craquerai sur la très poétique Velouté de légumes aux chanterelles et châtaignes (14€). Une caresse où l’on décèle le panais, une touche de fleur de sel. Quelle beauté dans l’assiette, quelle palette de couleurs! D’adorables champignons, des tomates rôties, des pépites de châtaigne: chaque bouchée amène une explosion de saveurs différentes et se savoure pleinement.
Essayez donc également les fines tranches de veau comme un vitello tonnato (15€). Présentée sur une assiette rectangulaire et en longueur, quel chic dans l’arrangement! Sur un lit de sucrine repose la viande, épatante. Si habitué à déguster le veau en escalape, on ne l’imaginait pas d’une telle finesse en bouche. Tomates rôties, copeaux d’un excellent parmesan, persil, olives, capres, pignons de pin viennent compléter le tableau. Après l’excès des fêtes, la fraîcheur de ce plat est souveraine et convient tout à fait en plat unique si le temps vous presse. Equilibré et simplement délicieux.
En plat principal, comment ne pas admirer ces riches Saint-Jacques à la plancha, pensées comme un tableau (29€)? Un trait de purée de céleri qui fait écho au caractère prononcé du coquillage, noisetté des pommes de terre, caramélisé des mini-betteraves, brisures de chataigne. Bel équilibre gustatif, un régal dont on ne se lasse pas – une véritable valse gourmande.
Ne ratez pas la cocotte de pluma de cochon ibérique (24€). Cette viande (située entre les deux épaules de l’animal) est connue pour sa qualité fabuleuse et est ici presque confite par la sauce. Le mot qui me vient à l’esprit pour celle-ci est satinée et on la finira d’ailleurs à la cuillère. Artichaud fondant, petites bouchées délicates, olives, tomates, thym, légèrement poivré, c’est tout le sud qui s’échappe de ce fumet.
Belle gamme aussi côté desserts. Le fruit est de saison, je choisirai la verrine à la chataigne façon Mont Blanc (10€) . La description est trompeuse: j’attendais une petite portion, celle-ci s’est avérée extrèmement généreuse et méritait d’être partagée en amoureux. Bien plus complexe que la signature d’Angelina, elle offre une belle thématique et des densités différentes: mousse aérienne, glace, crème chantilly vanillée légère en bouche et gourmandise meringuée…
Si vous n’arrivez pas à choisir dans les douceurs du jour, demandez le café gourmand (11€) pour profiter des mini-versions et mignardises. Ce jour-là – j’imagine que les assortiments varient au fil du temps, on y retrouvait la verrine à la chataigne ainsi qu’une pannacota onctueuse et sa purée de mangue exotique. Le macaron – maison, bien sûr – est à base d’une pâte de pistache épatante. Une dernière touche: un croquant aux noisettes pour accompagner le grillé de l’espresso.
Verdict: tout près des Champs, une adresse loin du clinquant réservé aux touristes, une adresse vraie qui réveille les papilles. Les prix reflètent la qualité irréprochable des produits, les saveurs sont travaillées pour être respectueuses du terroir Sud tout en affinant, amenant de belles longueurs en bouches, des plats plus fins que la cuisine de nos grands-mères. Il y a du génie chez Hugo Pinto, un chef à suivre de près.
Restaurant Le Velvet
Hôtel Beauchamps
24 rue de Ponthieu
75008 Paris
Teatime in Wonderland était invité par Le Velvet
Un week-end à Londres: 06-08 janvier 2012
Une nouvelle page de tournée. Bonne résolutions, prises dans le cocon des fêtes. Bonnes résolutions, fortement secouées par la reprise, parfois semées sur le chemin du boulot, on les reprendra, se dit-on, sur le chemin du retour. Griffonner, s’efforcer d’oublier 2011 pour écrire, sagement, sur les pages: 2012. Avoir envie que tout change et s’étonner, une fois assise devant son écran que finalement, tout soit pareil, encore éblouie par la magie de décembre. Adieu paillettes de l’An Nouveau.
Qu’à cela ne tienne. Parfois la meilleure résolution, c’est d’opter pour des paillettes de pacotilles, celles qui éclairent le regard et hypnotisent le regard. Pour ajouter du brillant au quotidien, même les bourrasques du temps londonien menacent de faire s’envoler les parapluies. Et puis sourire!

Santé!
* Levez votre pinte à la santé de Dickens.
Sourire:
* Les chauffeurs de taxi n’ont pas froid aux yeux. Enfin, pas froid du tout, d’ailleurs.
* Le quidditch, ça vous tente?
* L’art se joue du winter blues dans le métro.
* Et sinon, des frites avec ça?
Miam time:
* Cherchez la fève au Connaught – dimanche, la galette des rois fera partie de l’afternoon tea servi par la célèbre Hélène Darroze. Celle-ci peut aussi sera aussi disponible à emporter - appelez-les!
* Testez la it/eat address du moment, le Delaunay.
* Deal. Souvenez-vous du Rosendale et de l’Avalon, ces délicieux gastropubs, child-friendly, qui plus est. Jusqu’à la fin du mois, vous pouvez y manger à moitié prix!
Hors des sentiers battus:
* Passez découvrir les alentours du stade olympique.
* Tombez en amour pour les courts-métrages.
* Disco, karaoke, bowling et nains de jardins. Si,si.
* Rêvez dans un jardin anglais.
Comptoir Libanais
Comment mieux vos parler du Comptoir Libanais que de vous évoquer un rayon de soleil dans une journée de grisaille? Il suffit d’en pousser la porte pour être dépaysée - univers coloré, appétissants mezze, piles de gâteaux exotiques… Le regard s’égare sur les tables alentours, l’appétit aiguisé par les savoureuses assiettes qui défilent. On aimerait parfois pouvoir tendre sa fourchette un peu plus loin!
Leur nouvelle adresse sur South Kensington, ouverte depuis peu, rencontre déjà un franc succès et ne désemplit pas. La clientèle attend déjà les beaux jours pour s’installer en terrasse ou emporter un pique-nique vers Hyde Park ou le jardin du Natural History Museum…
On y retrouve la même carte aux saveurs d’ailleurs, qui invite au partage. Commandez-donc une savoureuse limonade maison pomme-menthe-gingembre (£2.35) pour vous dépayser d’emblée - qu’importe le coca et autres soft drinks ultra-chimique dans un tel endroit? Essayez donc celle à la fleur d’oranger et à la grenade pour une pointe de poésie…
Et puis craquez. Sur toute la carte, en mélangeant entrées et plats, qu’importe, le regard va et vient forcément sur le menu. Ici, aucune structure n’est imposée, tout sera posé au centre, à vous de savourer à votre guise. On papillonera joyeusement d’une assiette à l’autre en combinant légumes, sauces et bouchées gourmandes comme ces Lamb Kibbeh (£4.65), fourrées à l’agneau, aux oignons, aux pignons de pin. Ou pour le sucré-salé, cet élégant halloumi grillé servi avec une confiture aux figues et à la rose… Simple en apparence mais quelle alliance!
Si vous ne savez par où commencer, optez pour les assiettes d’assortiments comme celle-ci, réunissant une belle palette de mezze (£7.95 pour une personne, disponible pour 2 également). Entre l’hommous à tomber, le dip d’aubergine légèrement fumé et ses pépites de grenade, le falafel au bon goût de pois chiche et de coriandre, un tabbouleh frais et citronné, une savoureuse salade de lentille bios, d’amusantes lamelles de navet vinaigrées et d’un rose fushia, un sambousek fourré d’une feta moelleuse et des triangles de pita encore chauds, vous ne manquerez de vous régaler…
Vous préférez les plats chauds? Moussaka, koftas, shish taouks qui allèchent avant même d’atteindre votre table sont aussi au menu. Je leur ai préféré ce magnifique tajine (£7.95) riche en aubergine. Un sauce longue en bouche, qui finit sur la douceur des pois chiches, le velouté des poivrons, la fraicheur d’un yaourt bio. Impossible de ne pas l’allier à de la semoule pour en prolonger encore la saveur.
Carnivore? Le mixed grill (£12.95) est sûr de vous ravir - koftas d’agneau et de poulet, shish taouk de poulet mariné en portions copieuses, riz poélé aux oignons finements ciselés, réhaussant la touche noisettée de la viande grillée…
Il n’est pas certain, je vous l’avoue, que vous ayiez encore place pour un dessert – pourtant, ces montagnes de douceurs vous font de l’oeil depuis votre arrivée. Des coupelles déjà toutes prêtes sont disponibles à emporter ou revenez après un petit tour aux musées tout proches. Quel plaisir de revenir prendre ici le goûter, découvrir un coeur de noisette, de noix de cajou ou une pâte gorgée de miel…
Oubliez donc toute idée d’afternoon tea ultra-classique - rien ne vaut un peu d’exotisme pour chasser le winter blues… Laissez-vous envoûter par l’arôme sublime du thé à la menthe et aux roses (£2.45) et rêvez donc à d’autres horizons.
Un rayon épicerie aux mille couleurs - miel marocain, crème de dattes aux amandes, sirops de rose, de grenade… – vous permettra de ramener un peu de cette parenthèse enchantée et de se croire quelques heures de plus en vacances.
Comptoir Libanais
1-5 Exhibition Road
London SW7 2HE
Teatime in wonderland était invité par le Comptoir Libanais.
Boyd’s brasserie – a hidden gem
Trafalgar Square. La nuit a enveloppé la ville d’un manteau sombre, des guirlandes de lumières s’allument ici et là. Les mains dans les poches. J’ai rendez-vous à la Boyd’ s brasserie, à deux pas. J’imagine une adresse classique, nappes blanches, va et vient des serveurs, musiques des couverts.
Je pousse la porte. Je reste baba.
Devant moi s’impose des murs et colonnes de marbre, des chandeliers diamantés, de riches tentures, une multitude de sofas et fauteuils, un bar en granit noir, des miroirs anciens qui reflètent la scène à l’infini. Luxe et design.
Just’après le lounge se situe le restaurant - larges tables rondes, chaises Ghost de Starck. Un espace plus doux, plus intime, où l’on s’entend discuter. Une décoration bien équilibrée qui n’écrase pas par sa richesse mais au contraire amène une atmosphère rassurante et confortable. Le service est extrèmement souriant et l’on n’hésite d’ailleurs pas une seconde à demander conseils et explications.
Qu’y mange t-on? Des tapas anglais en entrée. Une idée sympathique qui propose 16 choix en version miniatures (deux pour £7.90) et qui invite au partage. Il faudra de longues délibérations pour se décider. Au final, nous craquons sur le gratin de macaronis au crabe (crémeux et très fin, une recette à tenter chez soi), le velouté de homard ( Sublime – flashback immédiat de vacances en bord de mer, de soupes de poisson avec rouille et croutons), les croquettes ultra-tendre de joue de raie avec leur sauce citronnée (suprenant, un fondant impeccable, à tester absolument) et, plus classique, une salade d’écrevisses très fraîche avec une sauce légèrement sucrée. Les fourchettes s’affairent d’un plat à un autre, succession de saveurs.
Bel accord avec un Sauvignon blanc 2009 par Katnook: notes de citronnelles, tropical, bien fruité en bouche. Il réhausse parfaitement les plats poissonnés, leur donnant un petit air de fête.
Test imparable pour un Français en Angleterre: la viande rouge. Nous l’aimons saignante, bien sûr, une cuisson difficile à obtenir ici, elle arrive généralement trop cuite, à notre grand désespoir. Le steak de boeuf est cependant parfait, juteux, tendre à souhait, une viande écossaise extraordinaire à faire saliver tous les carnivores (£23.90 pour 300 grammes)… Le gratin dauphinois (£2.70) est certes savoureux mais manquera un peu de fondant à notre goût.
Grande amoureuse des fish pie, j’apprécie grandement la richesse de celui-ci, généreux en poisson, texture impeccable de la crème que l’on saucera volontiers quitte à recommander du pain. On versera, tant qu’à faire, les petits pois directement dans le plat pour mieux les enrober de sauce. Attention, ça cale! A noter: le menu propose aussi une option pie & pint (de vin et non de bière) pour deux à £37.20.
Le duo de fromage anglais (£6.50) vaut la peine de garder une petite place. Servi sur une ardoise, il s’accompagne comme il se doit de raisins, céleri et pains aux noix et chutney maison. Une savoureuse façon de terminer le repas. Si vous préfèrez le sucré, laissez-vous tenter par la tarte au chocolat amer (£6.50), dense, pâte ultra-fine à alterner avec l’acidulé d’un sorbet à la cerise noire…
Verdict: une sélection de plats anglais à prix fort raisonnables pour le coeur de Londres, d’autant plus que le cadre est fabuleux. Theatreland étant à deux pas, un menu spécial est disponible en début de soirée – £18.90 pour entrée-plat-dessert. Un bel endroit où se donner rendez-vous, au calme, loin des touristes pour un cocktail, un petit creux.
Boyd’s Brasserie
8 Northumberland Avenue
London, WC2N 5BY.
Teatime in Wonderland était invité par Boyd’s Brasserie.
Machiavelli
Rien n’est pire, autour de Covent Garden, que ces restaurants attrappe-touristes qui surtaxent des menus basiques et sans goût. Optez donc plutôt pour l’élégante simplicité d’un déli italien. Machiavelli est tout récent sur la scène gourmande mais offre une gamme colorée qui allèche les visiteurs. Nous y avons déjeuné d’une fritata extra (£4), moelleuse, infusée du parfum du basilic et d’une sublime assiette de légumes grillés (£7) qui faisait danser le fenouil avec des poivrons gorgés de soleil… Le regard se perd sur les étagères garnies de miels, d’épices, charcuteries, céramiques délicates, de livres si bien que l’on reste souvent fourchette en l’air. Juste le temps d’un café? Commandez tout de même leur amusant carrés glacés Dai-Dai (£3.50), des cubes de glace à la vanille agrémentés de pignons de pin et enrobés d’une craquante coque de chocolat à partager entr’amis…

Machiavelli
69 Long Acre
London WC2E 9JS
Chewton Glen
Lassée du buzz des grandes villes, d’un rythme toujours trop à la course, d’un agenda surchargé?
Fuyez. Prenez quelques jours pour vous, ressourcez-vous. Offrez vous une parenthèse, situé en bordure de la New Forest: Chewton Glen. Deux heures de route de Londres et vous y êtes, ayant traversé au passage les sous-bois rayonnants de la région. On y arrive déjà appaisé, émerveillé d’avoir croisé des chevaux en liberté.
Passez la grille – regardez, sur le côté, cette immense pelouse. Ce 5*, joyau de la collection Relais et Châteaux, s’entoure d’un immense parc, de cours de tennis, d’un golf, d’un terrain de croquet. Il faut 39 heures chaque semaine aux jardinier pour en tondre l’étendue…

Vous tomberez vite amoureux de l’espace – la multitude de salons cosy, la terrace s’ouvrant vers la verdure, l’étendue même de l’hôtel qui donne envie d’explorer… jusqu’aux chambres lesquelles offrent en moyennent 40 mètres carrés! Chacune offre une atmosphère personnalisée, mettant en valeur la lumière naturelle de la pièce. Dans la mienne, les motifs rappelaient les motifs botaniques si élégants de Miller Harris, déclinés en papier peint et tissus pour une belle unité sur toute la pièce.

Vous êtes VIP, célébrez une occasion particulière? Discutez-en avec l’hôtel qui saura ajouter les touches nécessaires aux célébrations. Chocolats, bulles pétillantes, assiettes de gourmandises (les flapjacks maison, gorgés de beurre et d’airelles, sont à tomber), information sur l’établissement et les activités de la région. L’équipe est à votre écoute. Un exemple simple - arrivée en avance sur l’heure du check-in, la réception a tout de suite contacté l’équipe de chambre pour savoir quand exactement la chambre serait prête. D’habitude, on se contente de parquer vos bagages et de vous demander de repasser plus tardivement. Des petits détails qui subliment le séjour en permettant de lâcher prise totalement sur le quotidien.

Les chambres gold (et au-dessus) profitent d’un balcon ou terrasse privée. Certaines ont une vue extraordinaire sur le parc qui donnent envie de s’installer là, au soleil, que ce soit avec une tasse de thé ou un verre de vin, un livre ou un compagnon de bavardage et de consacrer son après-midi au farniente. Ecoutez - pas un bruit sinon le chant des oiseaux…

Je prends, je vous l’avoue, fort rarement des photos de salle de bain, l’angle ne permettant pas de les mettre en valeur. Mais celle-ci valait particulièrement le détour et méritait un peu plus que des mots. C’est une – comment dire? – une salle de bain/suite. La pièce se divise en trois - sur la gauche en entrant, des toilettes séparées avec bidet. Devant vous, une douche avec deux pommeaux de forces différentes pour un effet massage. Enfin sur votre droite, le côté “classique”, avec deux vasques sur marbre rose et immense baignoire… avec écran de télévision. Un luxe toujours savoureux qui séduit autant à chaque fois qu’on le retrouve. On s’imagine déjà le soir, la nuque sur le repose-tête, quelques gouttes d’huile essentielle pour l’aromathérapie, à savourer son programme préféré.
A disposition des visiteurs sont également les produits bio REN – des petites merveilles qui laissent la peau, même la plus fragile, incroyablement douce. Déjà adepte de leur huile de bain à la rose, je découvre plus avant leur gamme. Le shampooing avoine et laurier, décliné en conditioner et que l’on retrouvera aux abords de la piscine, est un must have: les cheveux semblent allégés, aériens et se mettent en place aisément, d’un coup de brosse, sans l’aide de produit supplémentaire.

Lors de votre passage, prenez le temps de passer au spa, voté par Condé Nast Traveller le meilleur d’Angleterre. Deux grands noms y sont représentés. D’abord, la gourou beauté Linda Mérédith, acclamée par les stars (dont Madonne et Gwyneth Paltrow) pour la luminosité qu’elle sait redonner à la peau. On y vient également pour la marque Ila qui travaille à la fois sur les besoins de la peau et du corps, en cherchant un équilibre d’énergie. Une approche holistique qui s’appuie avant tout sur des produits bios les plus purs pour être d’autant mieux absorbés par les cellules. Les parfums en sont sublimes et accompagnent au long de la journée, rose de Damas, huile d’argan… Toutes les concoctions sont préparées avec le plus grand soin dans les Cotswolds.
Je viens, aujourd’hui, essayer le soin du visage Ananda (félicité en sanskrit). Curieusement, celui-ci commence par les pieds, massés avec des sels de l’Himalaya. La raison? Remettre en contact avec la terre mais aussi gommer et travailler sur les points de réflexologie. Une excellente idée qui permet de détendre tout le corps avant de se concentrer sur le visage. S’ensuivent 45 minutes de pur bonheur. Imaginez vague après vague de caresses sur les pommettes, la nuque, les épaules. L’on se sent totalement enveloppé par une huile arômatique remplacée tour à tour par un lait, un masque, un tonique. Si l’huile chauffe au contact des mains qui l’appliquent, les autres produits viennent rafraichir amenant un ballet de sensations. En fond, une musique asiatique efface toute pensée. On se sent… appaisé, radieux, les sens en éveil. Un regard dans le miroir et chose rare, on jugera n’avoir besoin d’aucun maquillage pour le reste de la journée, le meilleur compliment qui soit!


Inutile de retourner trop vite dans le monde réel - une salle de relaxation est attenante et permet de prolonger cette sensation précieuse que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. On s’installe donc dans un relax moelleux, casque sur les oreilles pour se laisser bercer par de la musique douce. Au plafond, une myriade d’étoiles changent de luminosité. On observe, le sourire aux lèvres et bien souvent… on s’y endort…

Un peu plus loin, l’on accède à la piscine (une autre est située en extérieur pour l’été). Peu chlorée (enrichie en ozone, peau et cheveux s’en retrouvent d’ailleurs moins secs) et à température constante, elle est idéale pour les frileux comme moi qui abandonnent une fois le premier orteil dans l’eau. Non seulement je me baignerai avec plaisir mais j’y reviendrai après le dîner (celle-ci reste ouverte jusqu’à 22 heures) et me léverai d’autant plus tôt le lendemain pour en profiter une dernière fois.
Admirez – quel bonheur de nager dans le reflet des arbres, le regard tourné vers la nature ou même sur le dos, perdu dans la contemplation des nuages! De nuit, on apercoit au dehors les étoiles qui scintillent. Je gage que l’on parcourt ici bien plus de longueurs qu’à tout autre spa…
Il est possible d’alterner avec les bassins d’hydrothérapie – 6 différents jets sont à tester et je ne peux que conseiller de prévoir toute une après-midi. Ici aussi entouré de jardin, l’esprit se perd en souvenirs et en méditation et il est aisé de laisser défiler les heures. Un jaccuzzi vous attend en extérieur - retournez y en soirée!
Vous pouvez, entre deux brasses, vous détendre sur les fauteuils, dessinés pour un maximum de confort…

… à mois qu’affamé, vous ne préfériez vous restaurer au café qui affiche une gamme de plats et grignotages équilibrés à consommer bien au chaud ou si le temps le permet sur le deck, bordé d’hortensias…

Une autre option est de craquer pour le délicat afternoon tea de l’hôtel. A savourer lui aussi côté jardin, selon votre préférence:
Celui-ci reprend bien sûr les classiques qui nous font toujours rêver à l’heure du goûter. Les sandwichs allient cream cheese et concombre, saumon fondant, poulet… sur du pain très tendre réhaussé de graines. Les pâtisseries sont au rendez-vous, fines, comme cette tarte aux prunes sur crème vanillée dont on se souviendra longtemps… cette brioche permettant d’allier en une bouchée chantilly et fraises de saison… ce fruit cake qui réconcilie avec ce dessert généralement bourratif mais ici léger et parfumé. On tourne les assiettes, on grignote avec élégance dans un premier temps puis très vite avec gourmandise. Une belle façcon de profiter du paysage, de ce vert éclatant et cela quel que soit le temps… L’on vient ici le savourer même si l’on n’est pas client de l’hôtel tout simplement pour l’atmosphère du lieu qui invite aux confidences.
Toute une palette de gôuts, donc, qui se conclue obligatoirement sur les scones, dont le coeur est encore tiède, généreux en raisins. La clotted cream est agrémentée d’une fraise – on en ajoutera quelques morceau en dessus de la confiture, une harmonie digne d’un poème. On sirote aussi , entre deux cuillerées sucrées, le thé maison. Celui ci affirme le caractère d’un assam mais avec velouté, une belle alternative aux grands classiques, plus rafraichissant aussi. Il s’accordera parfaitement avec un nuage de lait.

Maman de deux enfants, j’affectionne particulièrement l’amour de Chewton Glen pour les boutchous. Ceux-ci ont des heures réservées à la piscine, les adolescent peuvent choisir des soins spécifiques au spa, des tables de change sont indiquées au rez-de-chaussée, chaussons et robes de bains à leur taille sont disponibles. Près de la terrasse se trouve une cabane où s’inventer des aventures, à moins qu’ils ne préfèrent s’essayer à un terrain de croquet à leur taille. Pendant les vacances scolaires, un kids club propose quantité d’activités. J’applaudis.
D’autant plus que les 130 hectares de terrain permettent de belles ballades et que la plage n’est qu’à 10mn de marche – 15 avec des enfants. Rien de tel pour ensoleiller une après-midi. Quel bonheur d’avoir tant de façons de les occuper sans avoir même reprendre la voiture! Beaucoup viennent d’ailleurs ici en famille: petits-enfants, parents, grands-parents trouvant facilement leur équilibre ensemble ou en petits groupes séparés sur le séjour.
Le sentier débouche tout d’un coup sur des kilomètres de plage avec vue sur l’île de Wight. Certains y font leur jogging, d’autres du canoe ou simplement une promenade en amoureux. Vous êtes ici sur la côte jurassique, un patrimoine protégé par l’UNESCO. De quoi s’émerveiller jour après jour.
Les couchers de soleil y sont extraordinaires. De juste rosé, le ciel devient or liquide, enflammant le paysage. aucune des photos ci-dessous n’a été retouchée, ni dans ses couleurs, ni dans les contrastes. L’impression soudaine de figurer dans une brochure exotique tout en sachant que l’on se trouve dans le sud de l’Angleterre un soir d’automne.
Et puis, déjà, la journée s’est écoulée. Le temps de faire le chemin en sens inverse, de poser sa collection de coquillages dans sa chambre qu’il est est l’heure du dîner. Le chef Luke Matthews travaille ici depuis 1993. Il se laisse inspirer par les spécialités de la région mais aime aussi à créer des alliances plus contemporaines qui épatent le palais.
Le Vétiver offre deux ambiances - la verrière, magnifiquement illuminée ainsi que des tables plus intimes, entourées de banquettes vert anis. Que l’on soit là pour une soirée romantique ou un repas d’affaires, on est séduit par le calme de l’endroit, la facilité de discuter des plats, de l’histoire du lieu avec l’équipe comme si l’on était un habituée des lieux. Les serveurs veillent discrètement à tout, ravis de votre plaisir à savourer un plat, y prennant une sincère fierté.

Les tables affichent cet esprit maison avec élégance, rondeurs, couleurs gaies et… sourire grâce à ces adorables ronds de serviette lapin:

C’est au tour des papilles de se laisser envoûter. En entrée, je choisirai une salade d’asperges blanches et d’artichaut, un légume trop rarement servi en Angleterre. Les textures jouent sur le croquant, ajoutent des mini-poireaux et carottes, des oignons vinaigrés, un filet d’huile d’olive d’exquise qualité, le tout réhaussé par quelques grains de sel. Et pour ajouter à la touche provençale, des micro-pousses de fenouil… Accompagné de pain maison aux raisins et amandes, on n’en perd pas une goutte.
Le sommelier fut, pour moi, un véritable magicien ce soir là. J’arrive généralement à accorder seule plats et vins. Mais que prendre pour se marier à cette salade hors du commun et la suivre d’un magret de canard? Il me viendra non seulement en aide avec des saveurs peu communes mais saura m’expliquer ce qui différencie ces crus des autres et comment ils sont assemblés. On sentait, sous chacun de ses mots, la passion de son métier, il visualisait les vignobles, les cépages. Je le salue grandement.
C’est ainsi que je découvre ce Sauvignon blanc néo-zélandais, un Seresin 2009. Le terrain est divisé en 19 parcelles, chacune vendangée et fermentée séparément. L’assembler fut comme créer une musique à partir d’une sélection de notes. Résultat? Un nectar complexe qui évoque les sous-bois puis laisse s’évader des notes de cumin, de vanille, de citron vert. Long en bouche, il mérite une place sur toute liste de vins.
Enchaînons sur ce magret joliment rosé, viande délicate et parfumée peau croustillante, du canard du Devonshire qui concurrence sans mal ceux du Sud-Ouest – et croyez-moi, cela me coûte de l’avouer. Sur le côté, une tatin de chicorée, pâte légèrement sucrée, imbibée de sauce à l’orange sanguine presque caramélisée. Je m’attendais à ce que le légume soit amer - absolument pas: d’une douceur extrème, fondant au coeur. Le tout repose sur un lit de courgettes poivrées harmonisant chaque saveur. Pour rafraîchir le palais, je l’avais accompagnée d’une salade de tomates “héritages”, mélange de parfums, de textures et incroyable palette de couleurs, couronnées de pousses jeunes de basilic, donc concentrant toute la saveur de cette herbe.
Et le vin? J’en ai longuement admiré la teinte qui accrochait la lumière et la renvoyait en reflet rubis sur la nappe. Ce Palazzo dela torre allegrini offre un velouté fascinant, révèle son quota de soleil, on y décèle fruits rouge et poivre, un beau fini en fut de chêne - je le garderai au dessert sans regret.
Les amoureux de fromage se laisseront tenter par l’imposante sélection mettant l’accent sur le Hampshire. Raisin, céleri, abricots secs, chutney, porto, certains ont eu bien du mal à se décider!
Je lui ai préféré une conclusion sucrée et plus légère - un rice pudding très fin au lait de coco et au riche parfum de mangue alphonso, cette mangue indienne si parfumée mais si fragile. Copeaux de coco, crème vanillée, compotée et chips de mangue. Un petit bijou.

On ne peut, après une telle journée que soupirer de bonheur. Quelques brasses dans l’eau soyeuse de la piscine et je retrouve ma chambre, préparée pour la nuit, lit déjà accueillant, bouteilles d’eau sur le chevet, lumières tamisées allumée et plateau proposant télécommandes, conseil météo et activités du lendemain…
Au lever, on se pincerait presque. N’a t-on pas rêvé tout cela? Mais non – au dehors, la brume s’accroche à l’herbe les oiseaux s’éveillent. A l’extérieur de ma porte, le journal du matin est déjà prêt…
Je l’emmène donc jusqu’au petit-déjeuner, les tables offrant le magnifique spectacle des premiers rayons de soleil sur la cîme des arbres. I took it down for breakfast.
Au milieu de la pièces, une succession de tables offrent un véritable festin. Breakfast time m’a tout l’air d’une sérieuse affaire avec une impressionnante sélection de charcuterie, de viennoiseries faites maison, de salades de fuits séparés pour être mieux personnalisées, de yaourts au granola tout frais, de muffins exquis… Les sélections chaudes sont préparées sur demande: oeufs fermiers, saucisses de la région, black pudding, options végétariennes, haddock poché ou même montagnes de gauffres. Vous aurez jusqu’au choix du pain grillé servi sur support en argent. On reste émerveillé du séjour, observant la nature et les vollutes de fumée s’élever des théières.

Un dernier coup d’oeil, un soupir, le travail attend. On attrappe son sac, on aperçoit à regret les wellies à disposition des visiteurs pour les promenades (des modèles enfant sont aussi disponibles, la boutique vend une belle sélection de guides de la région). On aurait tellement préféré se ballader dans les forets du coin.

La réception, sans doute habituée au regard nostalgique de leurs invités sur le départ, sauront mettre du baume au coeur… Ils me confient une carte pour éviter les embouteillages vers Londres, m’arment d’une bouteille d’eau et de délicieux cookies à grignoter sur le trajet.
Vous cherchiez le paradis? C’est ici… L’an prochain, des chambres ouvriront dans les cîmes des arbres - encore plus de magie au programme.
Chewton Glen Country House Hotel and Spa Resort
New Milton
New Forest
Hampshire BH25 6QS
Teatime in wonderland était invité par Chewton Glen
Meatballs
Un classique italien remis au goût du jour par cette toute nouvelle adresse.
Une jolie déco boisée, des tables dressées avec soin, une équipe aux petits soins, attendrissante avec les enfants, attentive à ce que tout soir parfait, que vous ne manquiez de rien.
Une carte appétissante qui crée de nouvelles associations: poulet, câpre et citron… courgette et curry… porc, romarin et parmesan… Incroyablement tendre et parfumé. Chaque semaine, un recette spéciale apparaît sur le menu. Cruel – on ne ne peut décidément tout commander et l’une fois l’assiette devant soi, toute promesse de partage est illico oubliée. Une solution toutefois: les sliders, une sorte de mini-burger dans un pain brioché, qui fonctionne en trio et permettent une belle palette. La sauce est généreuse et bingo, les plats sont aussi disponibles à emporter.
On choisit aussi son accompagnement – spaghettis, purée maison, risotto, délice de carottes au miel et au thym… Superflu – les boulettes se suffisent à elles-mêmes, il s’agit là de pure gourmandise. Idem pour le dessert: comment résister à l’idée d’un pavlova aux fruits de la passion, croquant de la meringue, douceur de la crème et acidulé exotique de la sauce?
Le tout à petits prix: £3.95 les 3 boulettes, £2.95 max le side order, £4.95 max le dessert.
Coup de coeur pour les vins bio et biodynamiques présentés par la maison.
Meatballs
at The Quality Chop House
92-94 Farringdon Road
London, EC1R 3EA
The Plough Bar & Kitchen
Vous habitez Clapham? Cette adresse, à deux minutes de marche de la gare, deviendra en un rien de temps votre nouveau QG, votre seuil de transition entre boulot et home-sweet-home. Invitée récemment à son ouverture, pensant juste jeter un coup d’oeil et repartir, je suis finalement restée deux heures.
La fête était déjà à son comble, des plateaux de sliders (l’appellation trendy des mini-hamburgers) circulaient. Boeuf Angus juteux, porc ultra moelleux avec sauce aux pommes dans des buns goûteux, version végétarienne aux haricots noirs et sauce Bloody Mary qui ferait se damner un carnivore, salade de crabe relevée de mangue, citron et chilli, du pain de mais à tomber, de cheesecake au chocolat dont on se léchera les doigts…
On s’enfonce dans l’un des sofas so comfy en sirotant une bière de la micro-brasserie Meantime ou un rhum-coca. La déco se base sur des notes naturelles, égayée de papier peint à esprit vintage, les meubles jouent sur l’effet récup chic. Un cocon agréable. La carte s’inspire de classiques relax anglais et américains - des dumplings cajun, du poulet cuit à la bière, du chowder avec pain au fenouil, du mac and cheese, du bubble and squeak. On se laisse intriguer par les chicken wings maison, sauce secrete et servi avec deux shots de Téquila Tres Agaves – il faudra revenir!
Verdict: L’adresse ou emmener tous les gars de votre connaissance. On s’y sent chez soi mais dans une atmosphère relax, avec des plats qui ne cherchent pas à épater la gallerie par des noms à rallonge et finalement peu dans l’assiette. Ici, la moindre bouchée est savoureuse et jouent sur les épices, le citron, les herbes fraiches. On note bien vite qu’ils servent aussi des brunchs avec des montagnes de pancakes, du pamplemousse avec menthe et gingembre, et même des oeufs coque avec mouillettes… Miam!
The Plough Bar & Kitchen
89 St John’s Hill
Clapham SW11 1SY
Un week-end à Londres: 09-11 sept 2011
La morosité de l’automne? Les londoniens ne connaissent pas. Cette semaine, la ville pétille de fêtes et festivals. A vos parapluies, les amis, il faudra passer entre les gouttes!
* Les fashionistas ne rateront pas les célébrations mode pour la Vogue Fashion Night ce jeudi soir.
* Vendredi, pour être VIP chez Topshop, il vous suffira de récupérer une copie du Metro.
* David Lynch vous emmènera au bout de la nuit.
* Le festival de la Tamise propose toujours deux journées de folie… Bravez la foule, les animations valent toujours le détour. On pourra même s’y faire artiste. Samedi, ne ratez surtout pas Southwark Bridge toujours fermé à la circulation pour l’occasion et qui propose de belles tables. Pour le programme, cliquez ici et ici aussi. Le dimanche soir, carnaval et feu d’artifice!
* Jermyn street, la rue des gentlemen à l’arrière de Fortmum & Mason se met elle aussi à la fête samedi. On y découvrira le chic britannique à travers des défilés, des démonstrations des orfèvres du style. Vous pourrez aussi y apprendre les ficelles du métier de majordome ou même danser avec l’équipe du Ritz. Les dégustations seront aussi à l’honneur et les enfants seront bienvenus.
* Passez découvrir les oeuvres mystérieuses de Dan Hillier. Intrigantes et si fines.
* Petit grain de folie côté vaisselle.
* Abracadabra!
* C’est la saison de la chasse – à découvrir côté assiette.
* La danse s’inspire des mangas.
* Visitez le parc olympique.
Pssst: Les plateaux de fruits de mer vous manquent? The Botanist ouvre un pop-up gourmand du 16 au 18 septembre où se régaler d’huitres, de langoustines, de crabe du Dorset… Le tout sans se ruiner. Vite, réservez votre table!




























































































































































