Posts Tagged ‘vegetarian’

Dishoom

Envie de changer d’atmosphère? Passez-donc à Dishoom pour épicer votre journée. Vous êtes ici dans le premier Bombay Café de Londres, avec ces petits détails qui dépaysent à souhait. Photos sépia et publicités traditionnelles au mur, inscription indienne sur l’horloge vintage, palmes des ventilateurs qui tournent lentement au plafond. Et puis, les tables toutes en  longueur pour les bandes d’amis avec leur collection de lampes à l’ancienne, les banquettes pour amoureux ou petits groupes. On devine à peine qu’il existe une salle au sous-sol, avec encarts sous les arches et lumières tamisées. Dès la première visite, le restaurant monte en tête de liste de votre carnet d’adresse, d’autant que l’on peut aussi y venir petit-déjeuner ou juste prendre un cocktail.

Les habitués vous le diront -  l’un des musts de la carte est le Bhel (£3.90), un grand classique de la street food de Bombay. Ce mélange de riz soufflé se sert généralement dans des cornets de papier ou dans une coque de pain. Quel mélange de saveurs ! On trouve dans celui-ci, outre ce fameux riz, des lentilles elles aussi soufflées, du sev (de minuscules pates grillées), des tomates, des chillies,  de la coriandre fraîche. Croustillant et tendre à la fois, chaque cuillerée finie sur la grenade juteuse, une note fabuleuse de tamarin. Epatant. Autant vous dire que les salades vous paraîtront dorénavant bien fades.

Pour un bel accord et une touche festive, commandez donc un Bollybellini (£6.50), une variante exotique parfumé à la framboise et au litchi. C’est frais, pétillant, le gloss le plus glamour qui soit pour les lèvres. La dernière gorgées concentre la pulpe de fruit – n’en laissez pas une goutte ! A tester également, le chaijito (dont le rhum a été infusé d’épices) et le Bombay Colada (warning : fortement addictif).

Amateur de fruits de mer ? Craquez pour les grilled masala prawns (£10.50). Mazette! Je reste encore épatée. Les crevettes sont énormes, riches, tendres, juteuses, imprégnées de coriandre. Servies avec du citron vert, on oublie ce dernier – il est superflu. On les mange donc par petites bouchées, en fermant les yeux, pour les savourer plus longtemps, la grillade est parfaite, pour un peu on en recommanderait une autre assiette illico. De l’un de ces plats que l’on refusera de partager.

Un autre incontournable : le black dhal (£4.70) de la maison, le meilleur de la ville. Cuit à feu doux durant de longues heures, le résultats est onctueux à souhait, noisetté, presque caramélisé.  Plutôt que l’habituel naan, prenez le roomali roti, entre pain et crêpe, plus léger. Mais croyez-moi, vous finirez votre bol à la cuillère.

Kulfis et Golas figurent sur la liste des desserts, ces derniers offrant des variantes hors du commun comme fruits de la passion & pistache ou chili et grenade. Le serveur me conseille de tester le crumble (£5.20) qui est sûr de me surprendre. Oubliez vos souvenirs de la variante à la pomme, douce et classique. Celui détonne – ananas dans un sirop de sucre et de vanille, une couverture croquante ou se mêlent pate et graines mais surtout, l’ensemble est joliment poivré, tempéré par une boule de glace à la cannelle. Entre la vitamine C et les épices, voilà le remède idéal pour vaincre la grisaille de l’hiver…

Impossible de ne pas finir sur un chai – où d’autre dans le centre pourriez-vous arrêter pour un savourer un à toute heure, avec ou sans repas? Essayez donc celui réhaussé de Bailey’s (£5.50) pour un effet velours sur le palais. On sourit dès la première gorgée… Idéal lors des journées glaciales, pour décongeler. Ou avant de prendre le dernier bus pour rentrer !

Ceci ne représente qu’une minuscule partie de la carte. Comment résister au lassi mangue –fenouil, aux calamars maisons, au vada pau (un petit pain épicé à la pomme de terre et au chutney), au malai kufta ruby (des dumplings de paneer au gingembre, grenade et coriandre) ou aux kebabs d’agneau au gingembre et à l’ail qui font tourner les têtes sur leur passage ? Non, vraiment, il vous faudra quelques visites pour tout tester… Jetez un coup d’oeil à leur menu de St Valentin pour vous faire une idée.

Dishoom
12 Upper St. Martin’s Lane
London WC2H 9FB

Teatime in wonderland était invité par

Boyd’s brasserie – a hidden gem

Trafalgar Square. La nuit a enveloppé la ville d’un manteau sombre, des guirlandes de lumières s’allument ici et là. Les mains dans les poches. J’ai rendez-vous à la Boyd’ s brasserie, à deux pas. J’imagine une adresse classique, nappes blanches, va et vient des serveurs, musiques des couverts.

Je pousse la porte. Je reste baba.

Devant moi s’impose des murs et colonnes de marbre, des chandeliers diamantés, de riches tentures, une multitude de sofas et fauteuils, un bar en granit noir, des miroirs anciens qui reflètent la scène à l’infini. Luxe et design.

Just’après le lounge se situe le restaurant -  larges tables rondes, chaises Ghost de Starck. Un espace plus doux, plus intime, où l’on s’entend discuter. Une décoration bien équilibrée qui n’écrase pas par sa richesse mais au contraire amène une atmosphère rassurante et confortable. Le service est extrèmement souriant et l’on n’hésite d’ailleurs pas une seconde à demander conseils et explications.

Qu’y mange t-on? Des tapas anglais en entrée. Une idée sympathique qui propose 16 choix en version miniatures (deux pour £7.90) et qui invite au partage. Il faudra de longues délibérations pour se décider. Au final, nous craquons sur le gratin de macaronis au crabe (crémeux et très fin, une recette à tenter chez soi), le velouté de homard ( Sublime – flashback immédiat de vacances en bord de mer, de soupes de poisson avec rouille et croutons),  les croquettes ultra-tendre de joue de raie avec leur sauce citronnée (suprenant, un fondant impeccable, à tester absolument) et, plus classique, une salade d’écrevisses très fraîche avec une sauce légèrement sucrée. Les fourchettes s’affairent d’un plat à un autre, succession de saveurs.

Bel accord avec un Sauvignon blanc 2009 par Katnook: notes de citronnelles, tropical, bien fruité en bouche. Il réhausse parfaitement les plats poissonnés, leur donnant un petit air de fête.

Test imparable pour un Français en Angleterre: la viande rouge. Nous l’aimons saignante, bien sûr, une cuisson difficile à obtenir ici, elle arrive généralement trop cuite, à notre grand désespoir. Le steak de boeuf est cependant parfait, juteux, tendre à souhait, une viande écossaise extraordinaire à faire saliver tous les carnivores (£23.90 pour 300 grammes)… Le gratin dauphinois (£2.70) est certes savoureux mais manquera un peu de fondant à notre goût.

Grande amoureuse des fish pie, j’apprécie grandement la richesse de celui-ci, généreux en poisson, texture impeccable de la crème que l’on saucera volontiers quitte à recommander du pain. On versera, tant qu’à faire, les petits pois directement dans le plat pour mieux les enrober de sauce. Attention, ça cale! A noter: le menu propose aussi une option pie & pint (de vin et non de bière) pour deux à £37.20.

Le duo de fromage anglais (£6.50) vaut la peine de garder une petite place. Servi sur une ardoise, il s’accompagne comme il se doit de raisins, céleri et pains aux noix et chutney maison. Une savoureuse façon de terminer le repas. Si vous préfèrez le sucré, laissez-vous tenter par la tarte au chocolat amer (£6.50), dense, pâte ultra-fine à alterner avec l’acidulé d’un sorbet à la cerise noire…

Verdict: une sélection de plats anglais à prix fort raisonnables pour le coeur de Londres, d’autant plus que le cadre est fabuleux. Theatreland étant à deux pas, un menu spécial est disponible en début de soirée – £18.90 pour entrée-plat-dessert. Un bel endroit où se donner rendez-vous, au calme, loin des touristes pour un cocktail, un petit creux.

Boyd’s Brasserie
8 Northumberland Avenue
London, WC2N 5BY.

Teatime in Wonderland était invité par Boyd’s Brasserie.

A gagner: le guide Time Out Eating and Drinking Guide 2012

Avant d’ouvrir ce guide, je me suis posée la question: que peut-il bien m’amener, alors que j’ai déjà une sacrée liste dans mon carnet d’adresses? Time Out a beau être la référence londonienne, les avis sur les restaurants sont toujours subjectifs, chacun ses standards.

Pensive, j’ai feuilleté. Rien n’attire plus le regard d’un gourmand qu’une belle photo. On se laisse intriguer, on cherche sur la page la description du restaurant, plus pour en connaitre le style que la qualite, on ajoute a sa to-do list. 15mn plus tard , on se retrouve avec une pleine page d’adresses à tester.

On aime… la mise en avant des cuisines du monde, dès le premier chapitre. A vouloir tester les dernières adresses en vogue, on pense rarement à dîner brésilien, juif ou portugais. Londres est un melting-pot culturel et culinaire, voilà de savoureuses pistes à suivre… Belle idée d’y avoir ajouté un lexique de mots clés par langue.

Vous avez un petit budget qui n’inclue les restaurants que pour les grandes célébrations? Pas de souci. Vous pourrez craquez sans culpabilité sur les bânh mì cafés qui servent ces succulentes baguettes vietnamiennes, les meilleurs burgers ou fish & chips de ville ou choisir dans chaque chapitre dans la sélection de budget bites.

Gourmands sucrés, ne ratez pas la partie glace. Vous fondrez d’envie bien avant les beaux-jours…

Maman de deux enfants, j’apprécie particulièrement que chaque entrée indique si le lieu est baby/kids-friendly (avec la différence admitted et welcome et même la notion vitale de baby changing facility), propose des chaises hautes, un espace de jeu et si des tables en extérieur sont disponibles.

Vous trouverez aussi des thématiques: petit-déjeuner, avec vue, au bord de l’eau, petits plats à partager. Oh, votre programme du week-end sera conclu en un rien de temps, les amis…

Un guide  pratique (qui se conclue par des cartes précises en dernier volet), bien illustré, impeccable pour les sorties en familles ou simplement redécouvrir ses quartiers préférés. Un cadeau sympathique à offrir pour les fêtes, un must pour tout nouvel arrivant sur Londres.

Pssst: grâce à Time Out,  nous en avons 5 à vous faire gagner! Pour cela, rien de plus simple. Tout d’abord, suivez-nous sur Facebook ou/et sur Twitter. Ensuite, partagez avec nous, dans les commentaires ci-dessous votre adresse gourmande préférée à Londres et pourquoi. Vous avez jusqu’à vendredi 11 novembre, minuit pour participer. L’heureux gagnant sera tiré au sort et annoncé samedi 12. A vos claviers!

Pas le temps d’attendre? Achetez-le directement sur le site. Et pour en savoir plus, jetez donc un coup d’oeil à leurs Eating and Drinking Awards!

 

 

The Avalon

J’aime déjeuner tôt dans les pubs, avant la foule, le buzz, le ballet des serveurs. Je peux alors tourner librement dans la pièce, admirer les détails, savourer le silence. Pour un temps très court, l’endroit est presqu’à moi.

The Avalon offrait une atmosphère de conte de fée, semblait just’endormi. Les verrières amenaient une lumière poudrée, filtrée par les lustres d’inspiration steampunk. Sur les murs, un papier peint à motif anis puis des céramiques crème. Tout est doux au regard. Bois, cuir, cuivre…  On y retrouve un peu des bistrots parisiens dans la succession des tables, les banquettes moelleuses qui entourent la pièce mais avec une élégance toute britannique. On a envie, ici, de prendre ses habitudes, d’avoir sa table préférée, que le serveur nous reconnaisse…


On se perd dans la contemplation, sur les murs, d’articles découpés dans des journaux du début du siècle: jeux, anecdotes, illustrations de ce temps où les gravures remplaçaient les photos. On se faufile pour toutes les voir de près.



Près du bar, l’ambiance est plus pub, plus baroque. On s’imagine bien refaire le monde autour d’une pinte ou d’un whisky (belle sélection japonaise pour les amateurs!).

Et puis, quand les beaux jours reviendront, il faudra profiter du jardin, bancs en teck, lierre, vue sur l’église toute proche. On se sent bien loin de Londres tout d’un coup…


Mais revenez donc à table. Notre entrée vient juste d’arriver. Une merveille de saumon fumé (£6.75) en tranches fines et délicates, réhaussée des parfums plus marquésd’échalotes et de capres vinaigrées. La mâche amène une note poivrée très agréable mais le coup de coeur sera surtout pour cette crème aérienne au wazabi. Elle rafraîchit d’abord puis envoûte par sa force et met décidément le saumon en valeur. Une idée à noter et à recréer chez soi.


La carte des vins est extrèmement bien pensée. Plutôt que de juste se reposer sur des grands noms de vins et de cépage qui n’aident pas toujours à se décider, les crus sont présentés par leurs qualités: Floral & aromatic, Zesty, citrus & lively… On marie ainsi son choix autant avec le plat… qu’avec son humeur. Faites-vous plaisir avec un verre de Mud House, un Sauvignon Blanc Malborough néo-zélandais trés gai, notes de chêne et de citron vert, qui ré-énergise d’emblée.

Vous pensiez les plats végétariens ennuyeux et peu goûteux? Détrompez-vous. The Avalon a concocté un savant mélange (£11) de courgette et aubergine farcies de lentilles savoureuses, infusées de romarin et surmontées de mozzarella fondue. Ah, quel mélange de saveurs! Sur le côté, une compotée de poivrons rôtis, belle sauce qui enveloppe les papilles, ainsi qu’une poellée de chou chinois fondant. Une superbe gamme de couleurs et textures et qui mine de rien, cale drôlement.Your 5 a day en une seule assiette.

Un dessert de saison s’imposait – comment ne pas craquer sur un crumble pomme-prune (£5.50)? L’idée même appelle à un feu de bois qui crépite… Celui-ci offre un vrai croustillant sur le dessus, riche en beurre comme il se doit. On aime se régaler de morceaux de fruits plutôt que d’une compote – plus festif, d’autant que la prune a amené une couleur rose à l’ensemble. Belle glace dense qui fond donc très doucement, parfumée au gingembre confit. Un dessert qui vous fait aimer l’automne… Accompagnez-le d’une infusion de menthe fraîche (£1.50), bien plus arômatique qu’un thé en sachet.

Des tables sont aussi disponibles à l’avant en terrasse pour se dorer au moindre rayon de soleil. Demandez une couverture à l’équipe s’il fait un peu trop frais! Les enfants ont leur place ici avec un menu dédié et l’on s’imagine volontiers le dimanche en famille…

The Avalon  fait partie de la famille Renaissance pubs (Rappelez-vous, nous avions testé et adoré The Rosendale). Un groupe qui porte bien son nom et qui se dénote des adresses lourdes de boiseries ou aux tables collantes. L’équilibre entre esthétique et délicieuse cuisine, aucune esbrouffe, juste une atmosphère vraie où l’on peut, vraiment, lâcher prise sur le quotidien.

The Avalon
16 Balham Hill
South Clapham (5minutes de marche du métro, même rue, tournez juste à gauche)
London, SW12 9EB

 

Veggie power

Découverte sucrée chez Waitrose – pourtant ce smoothie comprend, outre des framboises… du poivron rouge. La texture en est à la fois veloutée mais aussi plus épaisse, plus satisfaisante aussi. Le poivron, naturellement doux, se mêle facilement aux fruits, tout en lui amenant une saveur nettement plus complexe. On goûte, on regoûte, on re-re-goûte, zut, on a fini la bouteille. Surprenant, plus rafraichissant qu’un jus d’orange trop sucré et les enfants adorent. Il existe déjà une autre version mangue-orange-citrouille et l’on espère voir la collection continuer!

Waitrose £1.69

Imli

Londres offre un incroyable festival de cuisines du monde. Oubliez les stéréotypes: ici aussi, on aime créer et savourer de nouvelles saveurs. Venez donc avec une fourchette, il y a de quoi goûter.

Je me rappelle d’un temps où les restaurants indiens étaient ultra-basiques, beaucoup de blanc, pas d’effort côté déco et une carte ne proposant que les grands classiques: biryani, vindaloo, masala, korma. De nos jours, on trouve de belles adresses, élégantes et surprenantes. Prenez Imli par exemple et ses tons festifs au coeur de Soho. L’accueil y est véritablement chaleureux, même si vous venez avec des enfants en bas âge. L’équipe a cajolé mon fils d’un an tout au long du repas, jusqu’au barman qui a joué à cache-cache derrière son comptoir pour le faire sourire. Si vous êtes parents, vous savez que ça n’a pas de prix.

C’était un jour de pluie et la bruine nous avait déjà passablement hydratés. L’habituelle bière ne semblait pas correspondre à la situation, nous nous sommes donc penchés sur la carte des cocktails exotiques. Quel contraste entre la grisaille extérieure et les vouleurs gaies du Lychee Delight (vodka, fraise, lychee, £6.95) et du Rose Petal Martini (vodka, lychee, rose, £6.95). Un bel effet loukoum qui vous transporte ailleurs immédiatement et s’accorde formidablement avec les épices du repas. D’excellents lassis (£4.50), épais et veloutés sont également à la carte. Nous avons craqué sur le cardamome-cannelle qui fait frétiller les papilles.

Les papadums sont servis avec trois chutneys sympathiques et faits maison: tomate et graines de moutarde, de la mangue réhaussée de cumin et… betterave, frais et sucrée, vraiment épatant. On aimerait un côté deli pour en acheter quelques pots!

Pour commencer, nous choisissons une entrée à partager, du poulet très tendre mariné dans une sauce au yaourt, cuit jusqu’à être croustillant. Celui-ci est servi sur une purée de pomme de terre très parfumée, mélangée à des graines de moutarde et des feuilles de curry pour une texture épatante (£5.95). Une idée à tenter de copier chez soi.

Si vous êtes pressés, commandez un naanwich (naan sandwich, £5.95): galette moelleuse, présentation adorable, portion généreuse et fortement goûteuse. Madame Thermomix a choisi la version poulet enrobé d’une sauce tomate-mangue à se lécher les doigts. Je lui ai préféré le kefta d’agneau, le meilleur que j’ai mangé jusqu’ici, accompagné de deux sauces: une épicée, l’autre sucrée. Les amis, je pourrais en déjeuner tous les jours sans m’en lasser.

Essayez aussi les assortiments – une belle idée pour partager, bien sûr mais aussi pour mélanger les sauces, passer de l’une à l’autre tenter de nouvelles alliances. Elles existent en trois versions -  végétarienne, poulet et agneau (£7.95-£8.95-£9.95). Voilà un beau voyage au pays des épices… Commencez par le dahl au graines de fenouil – c’est le plus léger et il rafraichit le palais entre deux découvertes. Le curry au paneer est petit pois est onctueux à souhait, le mélange chou-oignon-curry arômatique, la samosa explose en saveurs et est remodernisé par une sauce au tamarin. Mon coup de coeur va particulièrement  aux petits vermicelles croquants qui cachent une crème douce, des pois chiches, des notes de menthe, de coriandre et de chili -  chaque cuillerée les marie différemment. Sublime.

Au centre se trouve une bouchée sucrée, un boule de gâteau moelleuse imbibée de sirop de sucre. Le baba au rhum version indien!

Vous pensez sans doute qu’après un tel festin, il est impossible de penser au dessert. Mais un seul coup d’oeil à la carte suffira à vous faire saliver. Il est si rare de voir une belle selection et le carrot fudge (£4.50) nous a intrigué. Imaginez un gâteau à la carotte déconstruit, parfumé de cannelle, de raisins, de cardamome, de graines de melon, servi encore chaud avec une boule de glace à la pistache. Un jour de pluie ou d’hiver, il vous réconcilie avec la vie. Cette adresse vaut la peine d’être testée en plein milieu d’après-midi, juste pour les touches sucrées!

Les glaces sont faites maison elles aussi. Celle à la mangue est comme croquer dans le fruit tout juste cuilli: tropical et poétisé par une pointe de basilic. A moins que vous ne préfériez chocolat-zeste d’orange ou figue-gingembre?

Verdict: en plein Soho, cette adresse sera vite dans votre top 5 pour les dîners entr’amis… Belle idée que ces version tapas, le rapport qualité-prix est excellent et l’on redécouvre les épices: tout est saveurs plutôt que force en bouche. Et vous ne voyez là qu’un tout petit échantillon des délices de la carte! Me voilà bien curieuse de leur autre adresse, déà étoilée par Michelin, Tamarind.

Imli
167-169 Wardour Street
London W1F 8WR

Teatime in Wonderland était invité par Imli.

Salam Namaaste: petite adresse, grande cuisine

Si vous m’aviez demandé l’adresse d’un bon restau indien il y a 6 mois, j’aurais haussé les épaules. Ceux que j’avais testés se rangeaient dans la gamme de moyen à bon, sans plus. L’expérience était plutôt synonyme pour moi de sortie de groupe après quelques verres au pub ou de take-away les jours de grand rush. Bref indien et gourmet ne collaient pas franchement ensemble.

Depuis, j’ai découvert les épices parfumées de Sheba sur Brick Lane (dont je recommande fortement l’agneau, à tomber) et les plats sublimes de Moti Mahal, un voyage au pays des sens. Jamais deux, sans trois à ma grande chance – Namasté s’ajoute à ma liste de restaurants favoris.

L’adresse paraît toute simple. Nappe et vaisselle bien, blanches, lumières tamisées. Pas de grande surprise jusque là.

C’est en ouvrant la carte que l’on ouvre grand les yeux, tant le menu est fascinant. Les descriptions sont alléchantes, exotiques, incluent des plats du Pakistan et du Bengladesh. Plutôt que de juste citer les ingrédients, elles content « steamed to perfection », « forming a juicy medium sauce dish », « rolled in spicy papdum, fried until golden brown ». Je salue particulièrement la partie poissons – cuits à l’étouffée dans une feuille de bananiers, alliance lait de coco et feuilles de curry ou pourquoi pas du crabe vindaloo? On rêve, on salive, on se retrouve avec 5-6 sélections préférées sans pouvoir choisir, on croque dans un poppadum, on am-stram-gramme…

… et l’on savoure son lassi à la mangue, onctueux, en attendant son premier plat. Les entrées sont étonnament peu chères, entre £2.95 et £4.95. Une aubaine sur Londres! Sans doute de minuscules portions? Détrompez-vous, les assiettes sont sacrément copieuses.

Ci-dessous, le Kathi Kababb (£4.50), de l’agneau très tendre dans une fine galette, enrobé d’une sauce sucrée-salée. Moelleux, savoureux, on remplacerait volontiers son sandwich du midi par cette option-là:

Pour l’effet wow / un dîner romatique, prenez-donc le Chat Patti (£3.50). Cette spécialitée du Bengladesh, servie dans un poppadum en corolle, amène une variété de textures: pois chiches, riz soufflé, grenade juteuse. L’ensemble est lié merveilleusement par une sauce au yaourt relevé de chutneys. Le nôtre était très relevé, n’hésitez pas à demander une version plus douce. Très rafraichissant et vraiment surprenant:

Nous enchaînons sur les Tawa Lamb Chops (£10.50).Je connaissais déjà le Tandoor, four en argile qui amène un léger goût de fumé. Le Tawa permet de griller la viande directement sur une plaque métallique très chaude. J’aurais pensé que cette méthode allait dessécher la viande: les cotelettes d’agneau, marinées avec de la papaye puis cuites avec du garam masala, sont restées juteuses. Les épices ont effacé les saveurs de papaye mais le mélange reste parfumée,  moelleux, fond en bouche. Bon plan, le plat est accompagné d’office d’un naan.

Prenez note: le Chicken Korma à la pistache est tout simplement inoubliable (£9.95). Ah les amis, quelle découverte, quel régal, quel poème, presque floral! Pas étonnant qui ait été servi lors de fètes au clair de lune au Taj Mahal. Servi avec du riz basmati léger, je l’accompagne d’un garlic naan . Pratique, il arrive déjà découpé en triangle. Littéralement – un mariage de saveurs royal…

Arrivées affamées, nous sommes vraiment calées. Malgrè notre très grande gourmandise, impossible d’aller jusqu’au dessert. Un chai élégant amène une touche de fin parfaite.

Verdict? Petite adresse, grande cuisine… Un excellent rapport qualité-prix, sans doute le meilleur que vous trouverez sur tout Londres. J’apprécie aussi les efforts de présentation, trop souvent absents des restaurants indiens. L’équipe a été adorable tout au long du repas, veillant sur nous du début à la fin.

Retrouvez les aussi dans un restaurant tout neuf à Camden. Le cadre est plus contemporain,mêlant lignes stylées et des notes plus douces comme le four à pain. La carte y est tout aussi appétissante, le chef ayant concocté de belles innovations et vous pourrez même y voir les cuisiniers à l’œuvre. Si vos amis français persistent à dire qu’on mange mal en Angleterre, amenez-les là!

Salam Namaaste (Bloomsbury)
68, Millman St (off Guilford Street)
London, WC1N 3EF

Namaaste Kitchen (Camden)
64 Parkway
Camden
London, NW17AH

Teatime in Wonderland était invité par Salam Namaaste

Amico Bio, sympathique eco-eatery

Brisons de suite les stéréotypes : on peut être végétarien et gourmand. Avoir effacé les viandes de son alimentation n’a pas annihilé les papilles au passage.

Pourtant, proposez à des collègues/amis carnivores de déjeuner dans un restau veggie et l’hésitation est, littéralement, palpable… Ils s’imaginent déjà cantonnés aux salades et au tofu grillé, ressortant l’estomac dans les talons.

Mon conseil ? Feintez. Amenez-les à Amico Bio. Ne le présentez pas sous la bannière végétarienne mais sous le concept d’eco-eatery. L’idée ? De bons petits plats italiens – tous veggie mais vous le préciserez plus tard – préparés avec des produits bios et de saison. Rares sont ceux qui résistent à un beau plat de pates, à des croquettes de riz moelleuses, à un risotto aromatique…

Cette petite adresse se niche près du Smithfield market – faufilez-vous à travers les ruelles historiques, d’autant plus charmantes en cette saison avec le vert si vibrant des feuillages. 5 minutes de marche à peine à partir de la station Barbican et vous y êtes.

Une fois la porte poussée, je tombe nez-à-nez avec… une magnifique foccacia, un assortiment de fromages italiens et de desserts du jour. Vous parlez d’une mise en appétit !

La déco est simple, tables et chaises boisées, pas de gloss surfait, juste une ambiance tranquille, famille. On se sent relax d’emblée.

La carte se divise à l’italienne : Stuzzichini, Antipasti, Pasta et Risotti, Secondi et Dolci et ma foi, je ne sais par où commencer, deux pages complètes de choix me font saliver. Rien de mieux que la cuisine italienne pour vous faire oublier que les viandes ne figurent pas au menu. L’idée de pates, de sauces riches, de textures qui enveloppent le palais ravissent de suite. D’ailleurs, vous croiserez à peine le mot tofu. On vous parlera plutôt de gnocchettis au olives, câpres et tomate, de tempura aux légumes avec sauce aigre-douce… Les choix changent au quotidien selon les produits du marché.

Une belle assiette de raviolis (£7) est amenée à une table voisine, suivie d’un parfum fabuleux de basilic. Je me laisse tenter : les pates sont de belle taille, fourrées d’un fromage fumé extra et accompagnées de tomates cerises rouges et jaunes bien cuites et juteuses. Fabuleux comme ces deux couleurs ont des saveurs bien distinctes, la jaune éclatant vraiment en bouche. Prenez donc un morceau de foccacia maison (£3.50) pour éponger le jus !

Le restaurant propose également toute une listes de boissons bios – jus de fruit, cola, vins et même gin et whiskies, une découverte pour moi. Je choisirai un verre de La Raia 2009, dont les cépages de Barbera amènent des tons chaleureuses, rondes qui rappellent la cerise noir du Pays Basque, gorgées de soleil.

Arrive mon second plat, des wraps au léger goût de noisette, enrobant une sélection de légumes grillés et servis une sauce au yaourt et au concombre amenant une touche fraiche au plat (£8). Bel assortiment : brocoli, oignon, poivron, chou fleur et une petite touche anisée de fenouil fondant. Un plat que je prendrais volontiers à emporter en été s’ils proposaient des paniers pique-nique comme le fait Carluccio’s. Après tout, un jour de grand soleil, la terrasse du Barbican n’est pas bien loin…

Par pure gourmandise, je craque sur les frites de courgettes (£2.50 pour une grosse portion), les meilleures que j’ai mangées jusqu’ici. Pour une fois, elles ne sont ni lourdes, ni trop cuites, ni huileuses. Au contraire, le chef leur a amené une texture croquante en extérieur mais un cœur moelleux et ajouté une pincée de sel pour les rendre tout à fait addictives…

Et là, sur la carte des desserts, coup de cœur : un baba (£5). Des années que je n’en ai pas mangé ! Après tout, les ingrédients sont bio, c’est donc… bon pour moi, n’est-ce-pas ? On me le sert encore tiède, le rhum vient juste d’être chauffé. A choisir, j’aurais préféré la crème vanillée plus liquide pour pouvoir en enrober chaque bouchée de pate. Le petit plus sera, littéralement, la cerise amarena sur le gâteau! Je ne garantis pas, par contre, que vous marchiez très droit après celui-ci.

Verdict ? J’aime l’idée de manger des légumes sans m’en rendre compte et en prenant autant de plaisir que dans un restaurant « normal ». Les 5 portions de la journée en quelques coups de fourchette ! A aucun moment, je n’ai pensé à l’absence de viande.

L’atmosphère relax (et la présence de frites sur le menu) la rend idéal, dans mon cas, pour un déjeuner en famille avant d’aller au Barbican (dont le café au rez-de-chaussée est relativement cher).

La carte propose aussi quelques options vegan et gluten free. Pratique pour rassembler tout le monde !

Amico Bio
44 Cloth FairLondon
EC1A 7JQ
Fermé le dimanche

Teatime in Wonderland était invitée par Amico Bio

Post-it pour le week-end: 18-20 février 2011

Quelques idées en vrac pour le week-end… Et vous? Quels grains de folie londoniens avez-vous repérés?

- Voyager dans le temps à travers des photographies de Londres au London Museum… ou à la National Portrait Gallery… Vous pourrez même en acheter là!
- Raconter des histoires, c’est à la mode!
- Petit budget pour changer de garde-robe? Swishez au V&A
- Vivez vintage
- Fan de Dr Who? Par ici pour l’expo interactive
- Un tour de Londres vraiment royal… Et d’autres très gourmands!
- Trouvez de l’inspiration pour vos futurs gâteaux d’anniversaire
- Remplir tout vos week-ends de l’année a l’aide du Happiness Project

Psssst, à venir, ouvrez l’oeil!
- Un restaurant underground qui finit sur quelques pas de danse
- Des cupcakes aux legumes @ Selfridge’s…
- Un café farfelu près de Paddington…

Une bouchée de plaisir @ Chinatown

Un petit plaisir tout simple, lorsqu’on traverse Chinatown, que les restaurants ont eveillé les papilles, que le temps presse et que l’on a que quelques pieces en poche.

Sur Little Newport Street, un marchand de rue vend de succulentes brioches fourrées au poulet, au porc, aux legumes… pour £1.20! De quoi satisfaire sa gourmandise et réchauffer ses doigts endoloris par le froid.

A tester également, des pancakes aux huitres pour £1 ou des mini-plats cuits à la vapeur dans des feuilles de bananier: riz et porc, poulet… pour £3.

Pourquoi ne pas passer boire un bubble tea, puisque vous êtes sur Chinatown?

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