Flanders trip – Poperinge

D’Ypres, continuez dans le thème du souvenir de la Grande Guerre. Poperinge est à 10mn environ de train et les lignes de front étaient toutes proches. Les coeurs battaient au rythme des fusillades et des bombardements. Imaginez donc, Pop, comme elle fut surnommée, ne comptait que 10 000 habitants avant la guerre. Puis arrivèrent pas moins de 250 000 soldats britanniques! Ouvrirent cafés, cinémas, magasins, bordels aussi. On l’appelait aussi, en conséquence, “Le petit Paris”.From Ypres, if you would like to seek out more memories of the Great War, Poperinge is only a 10min train rise away. War was very close to the city, who was nicknamed Pop. Just imagine – it only had 10,000 inhabitants originally. Suddenly, 250,000 British soldiers poured in. And so opened cafés, bars, music halls, cinemas and brothels to keep their minds off things, it was even called The Little Paris!

Une demie-journée suffit mais la Talbot House vaut vraiment le détour et complète l’expérience du Flanders Fields Museum sur une note plus optimiste. Tout est faisable à pied à partir de la gare.Half a day will be enough.The Talbot House is a must see, really completing the experience from the Flanders Fields Museum, giving a slightly more optimistic note. Everything can be done easily, walking from the station and back.

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Faites d’abord un arrêt à la cellule des condamnés. Minuscule. On y enfermait, au début, les soldats désobeissants aux ordres. Plus tard, ceux atteint du shell shock effect, ce traumastisme intense lié à la guerre, menant souvent à la désertion. Rattrappés, ils étaient condamné au peloton d’exécution. Sur les murs, vous trouverez encore de traces des graffitis laissés par les prisonniers. Ecusson de leur régiment, plan d’évasion, esquisses…Stop first at the Death Cells. Tiny, making them even more oppressive. First meant as a punishment place for disobedient soldiers it became later the place to spend your last night. Deserters, mostly when suffering from shell shock. On the walls, you can still see graffiti left by the prisoners, drawings, symbols of the regiments, thoughts.

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Dans la cour, un pilier symbolique, rappelant une conséquence ironique. Mourir dans les tranchées? Ou à quelques kilomètres de là?A sole pole in the yard reminds us of those shot at dawn. What a sadly ironic death – either in the trenches or there, a few kilometres away…

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Dans ce carcan créé par l’omniprésence de la guerre, l’aumônier Philip Tubby Clayton ouvre en 1915 une maison destinée aux soldats de passage. Talbot, en honneur à son frère, tué à 23 ans. Un lieu plus en paix où retrouver un temps un semblant de paix. Talbot House, Every Man’s Club. La visite se fait dans un premier temps via un petit musée, tout aussi touchant que celui d’Ypres. Différemment. Sur les murs, des récits. Quelques phrases ici et là décrivant la vie quotidienne. L’arrachage d’une dent. Le plaisir simple, les jours de liberté, de prendre une douche (de simples tuyaux d’eau percés, à partager avec des dizaines d’autres), de faire couper ses cheveux. Mais aussi les poux, résistant à tout, survivant même au linge bouilli. On parlait dans cette mini chasse pour les écraser, de lire sa chemise. Les lettres écrites à la famille, tentant d’expliquer sans choquer, sans donner de détail géographiques, en essayant aussi d’échapper à la censure. Les photos aériennes, leur importance cruciale pour ceux au sol, dont la visibilité est minime. Les chinois recrutés pour le labeur du quotidien, une autre ségrégation, coupés des troupes, ignorés totalement, à qui l’on parlait le moins possible.In the leaden atmosphere created by the war, in 1915 padre ‘Tubby’ Clayton opened a house for the soldiers. The name Talbot refers to his brother killed at 23, preserving his name, but it was also known as Every Man’s Club. The visit starts with a small museum, as moving as the one in Ypres but in a different way. On the walls are quotes from diaries, letters depicting scenes of daily life during the war. A few days away from the trenches, taking a shower (to be shared with dozens, merely pierced pipes), getting your hair cut once you succeeded to get the mud out. Hunting lice, which even survived boiled clothes, an activity also known as reading your shirt when trying to crush them between your thumbs… Notes to families, trying not to shock, not to give geographical details and escape censorship. Aerial pictures, vital for those on the ground with little visibility. The Chinese community based in the city, hard working, barely paid, segregated.

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La porte s’ouvre sur un jardin. La lumière éblouit, l’esprit est resté en 14-18, les mots dansent encore devant mes yeux. Après ces immages de ruines, de fusil, de bombardement et d’atrocités, il semble être arrivé dans un mini-eden. Vert sublime, éclatant. Porteur d’espoir, à sa façon. Vous verrez sur un côté l’entrée murée vers ce qui était à l’époque parfois cave, parfois abri anti aérien et aussi… lieu de concert… La Talbot House n’a pas bougé, accueillante encore, en fond de scène. Elle continue de vivre : elle sert à la fois de musée et de B and B.The door opens onto a garden. By now your mind is so set in 1914-18, the light is blinding, the green too vibrant, surreal, this feels like arriving in a mini Eden. On the side, you will see a walled entrance, leading at the time to a cellar / bomb shelter / concert place… The Talbot House hasn’t changed much, still welcoming visitors but also acting as a B&B.

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Plus d’un demi-million de soldats sont passés par ici entre 1915 et 1918. Une parenthèse plus familiale, plus confortable pour oublier le reste. On y voir encore la phrase, sur l’un des murs “All rank abandon ye who enter here”. Plus d’officiers ou de soldats, de fortunes ou d’infortunes, ici, une certaine égalité était retrouvée. La maison se visite avec une tablette qui indique pièce par pièce l’histoire des objets clés. Un piano, des assiettes commémoratives jouant sur les ironies de la guerre, soutirant un sourire. Une chapelle, aussi, sous les toits. Un home away from home pour la plupart des visiteurs, une façon de retrouver une certaine normalité, plutôt que de noyer ses souvenirs dans un bar… Une phrase, sur une croix du dernier étage, conclue How many of you passed through here, on their way to hell and then heaven.More than half a million soldiers stopped here between 1915 and 1918. A haven, a house, the closest to a home you would have before going back to your family, forget the outside world. On one of the walls, you can still read “All rank abandon ye who enter here”. No officers or soldiers here. No fortune status. Just men, a certain equality retrieved. You can get a tablet from reception to learn more about the key objects in each room. A piano, well used chair, plate commemorating war scenes but a hint of humour. A chapel under this roof too. Bringing back a normality, a home more than a house, helping you wait until you can get back to your family rather than downing your feelings in a bar. A phrase on one of the wooden crosses on the last floor sums it this way: How many of you passed through here, on their way to hell and then heaven

Le bon coeur est toujours présent. La cuisine vous préparera, gratuitement, une tasse de thé ou de café, dans l’esprit de partage de l’époque. Vous pouvez, bien sûr, vous installer dans le jardin. Quelques minutes précieuses pour absorber l’héritage du passé.They are still dedicated to their guests. The kitchen will make you a -free- cup of coffee or tea. Why not sit in the garden? You will need the time to reflect on the heavy inheritance of war anyway.

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Sur un ton plus léger, vous trouverez aussi à Poperinge un musée de la bière qui explique en détail culture, séchage, brassage, évolution des méthodes. Bourré de petites anecdotes comme pourquoi, longtemps, le houblon fut considéré diabolique. Dieu aurait demandé à Lucifer de lui ramener de la terre venue du fond des océans. Intrigué, l’ange pas encore déchu, en conserve une partie dans sa bouche. Dieu crée arbres, plantes, fleurs qui poussent miraculeusement… y compris de la joue de Lucifer. Allégeant la souffrance de ce dernier, Dieu l’arrache de son visage… La plante fut associée à la sorcellerie. Il semble qu’aujourd’hui, un équilibre pacifique soit retrouvé!On a lighter note, you will also find a hop museum in Poperinge. Hops, you see, were the gold of the city. You will learn all about the different kinds, the way they are grown, dried, brewed, how the methods evolved through time. And anecdotes. Like how hops were considered devilish at first! Apparently, God asked Lucifer (when still an angel) to get earth from the bottom of the oceans. He did so, keeping a little in his mouth. God created plants, trees, bushes from his share which started growing miraculously. From Lucifer’s mouth too, who was in terrible pain. So were born the hops… associated with black magic for a long time. Although I think Belgium has since found the heaven part in these!

Popperinge - Hop MuseumPopperinge - Hop MuseumPopperinge - Hop MuseumPopperinge - Hop Museum
Profitez-en pour déjeuner au Passage, excellent rapport qualité/prix. Vous pourrez y déguster la bière locale, la Hommel. Un joli toasté, peu d’amertume, dentelle fine, lécèrement fruitée, un peu de citron. Une adresse impecc si vous venez avec des enfants qui ont un coin pour dessiner. Vous trouverez aussi un petit parc à l’arrière avec quelques balançoires.Have lunch at Le Passage, a welcoming restaurant, excellent food at a reasonable price. You can try the local beer there, called Hommel. You can taste the toastiness of the yeast, a slight refreshing bitterness, very fine lace, fruity with a nice lemony touch. Perfect place if you have kids – there is a drawing corner and a park at the back with swings.

Et maintenant? Retour sur Ypres (10 mn de train), Bruxelles, (2h de train) ou pourquoi pas Gand (1h30 de train)?And now? How about going to Ypres (10mn train), Brussels, (2h train) or why not Ghent (1h30 train)?

Popetinge -  Hommel beer

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